Muhammad – Vie du Prophète (Citations et la question des chrétiens)

Pour rendre l’article initial plus court, j’ai décidé de le couper en deux en séparant les parties citations et la question des chrétiens..

L’article initial est ici :
https://conradfaitunepause.wordpress.com/2013/05/12/muhammad-vie-du-prophte/


Quelques citations

Sur la prière

.. révèle ce que la prière doit être par essence ; un rappel et une élévation, cinq fois par jour, vers le Très-Haut pour se détacher de soi, du monde et des illusions.

Avec les non musulmans. Le Prophète n’hésitait pas à mettre toute sa confiance auprès de non musulmans honnêtes et dignes.

Dieu ne vous défend pas d’être bons [d’éprouver de l’affection] et d’être équitable envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion et qui ne vous expulsent point de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables. Mais il vous interdit toutes liaisons avec ceux qui vous combattent à cause de votre religion, qui vous chassent de vos foyers, ou qui contribuent à le faire. Ceux qui établiraient une telle alliance seraient injustes. (Coran, 60, 8-9)

Et vis à vis de ceux qui, sous la persécution, avaient renié leur religion, aucune sanction ou décision n’étaient prises, et vis-à-vis de ceux qui avaient un jugement trop sévères sur eux-mêmes..

Dis : O Mes serviteurs qui avez commis des excès contre vous-même, ne désespérez point de la Miséricorde de Dieu. Dieu, en vérité, pardonne tous les péchés. Il est certes Celui qui pardonne, l’Infiniment Bon. Revenez vers votre Seigneur et soumettez-vous à Lui avant que ne vous arrive le châtiment, car alors vous ne seriez point secourus. (Coran, 39, 53-54)

   Ailleurs, au moment de l’Hégire

.. Dieu n’agira qu’au-delà et après que l’être humain aura, à son niveau, cherché et épuisé toutes les potentialités de l’agir. C’est le sens profond du verset coranique :
Certes Dieu ne change pas ce qui est en un peuple, avant que ceux-ci ne changent ce qui est en eux-mêmes. (Coran, 13, 11)

En parlant des Gens du Livre

Les juifs sont, avec les chrétiens, “les gens du Livre”, ceux qui ont effectivement reçu un message révélé de la part de Dieu. Le Coran stipule clairement cette reconnaissance :
Dieu, il n’y a pas d’autre divinité que Lui, le Vivant, l’Agent de l’Univers. Il t’a révélé graduellement le Livre en tant que Message de vérité, confirmant ce qu’il avait précédé ; comme Il avait révélé la Torah et l’Evangile auparavant, pour servir de direction aux hommes. (Coran, 3, 2-4)

..et lorsqu’un musulman tenta de reporter la faute sur un juif (alors que les musulmans étaient en conflits avec une tribu juive dont ils soupçonnaient le double jeu), la Révélation, sur huit versets, vint dénoncer la grave manipulation du coupable musulman en révélant ainsi l’innocence du juif. Les propos à l’endroit du musulman sont explicites :

Celui qui commet une faute ou un péché puis en accuse un innocent, celui-là est coupable d’une infamie et d’un péché grave. (Coran, 4, 112)

Suit un rappel..

O vous les porteurs de la foi ! Tenez-vous fermes devant Dieu en témoins de la justice et que l’aversion profonde vis-à-vis d’un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices. Soyez justes, cela est certes plus près de la conscience intime de Dieu [portez donc cette conscience intime de Dieu]. Dieu est bien informé de ce que vous faites. (Coran, 5, 8)

Le Prophète questionne :

Savez-vous qui est l’homme ruiné (en faillite) ? Ils luis répondirent : Il s’agit de celui qui ne possède ni bien, ni argent. Muhammad leur dit : “L’homme ruiné de ma communauté est celui qui, le jour du Jugement, aura à son actif des jeûnes, des prières, des aumônes mais qui aura, par ailleurs, calomnié un tel, volé l’argent d’un autre, versé le sang de celui-ci et frappé celui-là, si bien qu’on lui prendra ses bonnes actions pour les distribuer à ses victimes. Quand il n’aura plus d’œuvres pieuses à son actif, et avant même qu’il ne purge sa peine, on le chargera des péchés de ses victimes avant de le jeter en enfer.

Qui donc est l’homme fort ?
L’homme fort est celui qui se maitrise alors qu’il est en colère !

La richesse n’est point dans les choses que l’on possède !
La vrai richesse est la richesse de l’être (de l’âme)

Aide ton frère qu’il soit juste ou injuste !
Empêche-le (le frère injuste) d’accomplir son injustice, ce sera ton soutien à son égard.

Sur l’ascétisme exagéré envisagé par certains disciples :

N’en fais rien ! Mais jeûne certains jours et mange certains jours. Dors une partie de la nuit et veille une autre partie en accomplissant la prière. Car ton corps a sur toit des droits, tes yeux ont sur toi un droit, ta femme a sur toit un droit, ton hôte a sur toi un droit.

Il s’exclama un jour, et répéta trois fois :

“Malheur aux exagérateurs [rigoriste] !!!
“La modération, la modération ! Car c’est seulement par la modération que vous arriverez à bon port”

En d’autres circonstances, il les surprenait en affirmant que c’était au cœur même de leurs besoins les plus humains, dans l’humble reconnaissance de leur humanité, que s’exprimait la sincérité d’une prière, d’une aumône ou d’un acte d’adoration _

“La prescription du bien est une aumône, la proscription du mal est une aumône. Dans vos relations sexuelles avec vos épouses, il y a une aumône”
Ses compagnons, surpris lui dirent :
“O Messager de Dieu, quand l’un de nous satisfait son désir (sexuel) en reçoit-il en plus une récompense ? “
Muhammad répondit :
“Dites-moi, si l’un d’entre vous avait eu une relation illicite, n’aurait-il point commis un péché ? C’est pourquoi lorsqu’il a une relation licite, il en reçoit une récompense”

Sur le jugement  

Personne, parmi les musulmans, n’aurait pu imaginer que Umar reconnaisse le message de l’islam, tant il avait manifesté de haine à son encontre. Cette révolution du cœur était un signe et portait un double enseignement : rien n’est impossible à Dieu, et il ne faut juger définitivement de rien ni de personne. Il s’agissait d’un nouveau rappel à l’humilité en tout circonstance : pour l’être humain, se souvenir du pouvoir infini du Divin, cela devrait vouloir dire apprendre, vis-à-vis de sa propre personne, à sainement douter de soi et vis-à-vis d’autrui, à suspendre son jugement.

En parlant de Khadîdja

—A la lumière de sa présence et de son rôle dans sa vie, il est possible d’appréhender la multitude de sens possible contenue dans l’idée de “ vêtement” qui se trouve dans un verset qui sera révélé bien plus tard à propos de la relation entre les époux : “ Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles”

Sur la douceur de Dieu et de sois-même

« Dieu est doux (Rafiq), et Il aime la douceur (ar-rafiq) en tout chose”. en ajoutant : “Il donne pour la douceur ce qu’Il ne donne pas pour la violence ou toute autre chose”. Il confia à l’un de ses compagnons : “Il y a en toi deux qualités que Dieu aime : la clémence (al-hilm) et la longanimité (la grandeur d’âme, la tolérance)” et il invitait tous les compagnons à ce constant effort de la douceur et du pardon : “ S’il te parvient de ton frère une chose que tu désapprouves, cherche-lui une à septante excuses. Si tu ne trouve pas, dis [persuade-toi] que c’est une excuse que tu ne connais pas “


Les chrétiens de Najrân

Une délégation de quatorze notable religieux de Najran avait rendu visite au Prophète afin de l’interroger sur la nouvelle religion, sa foi et, bien sûr, sur le statut de Jésus dans l’islam. Il existait de nombreuses tribus chrétiennes dans la péninsule Arabique…

Le Prophète répondit à leurs questions, mit en évidence le lien entre les deux traditions en ce que l’islam était la continuation du message du Prophète Jésus, mais il fut catégorique quant au refus du dogme de la Trinité. Il les appela à l’adoration du Dieu unique et à accepter l’islam comme étant la dernière Révélation. Le Coran rend longuement compte de cette rencontre et, dans le prolongement, du rapprochement et des distinctions entre les enseignements chrétiens et islamiques. Le début de la troisième sourate Ala Imran (“ La famille d’Imran ») fixe le cadre de référence Islamique :

Alif— Lâm — Mim. Dieu, il n’y a point d’autre divinité que Lui, le Vivant, l’Animateur de l’univers ! Il t’a révélé graduellement le Livre en tant que Message de vérité, confirmant ce qui avait précédé, comme l’avait révélé la Torah et l’Evangile auparavant, pour servir de direction aux bommes. Et Il a également révélé le Livre du discernement [le Coran]. (Coran, 3, 1-4)

La Révélation confirme la reconnaissance des précédents Livres qui sont parvenus à l’humanité par l’intermédiaire de Moïse et de Jésus, et ajoute que le Coran participe de la même tradition monothéiste. Plus loin, le texte précise les termes de l’invitation faite aux chrétiens quant au rapprochement et aux distinctions des deux messages :

Dis : “O gens du livre ! Venez donc à une parole commune entre nous et vous, [à savoir] de n’adorer que Dieu seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maitres en dehors de Dieu.” S’ils s’y refusent, dites-.leur : “Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, nous sommes soumis à Dieu” (Coran, 3, 64)

Avec l’affirmation de l’unicité de Dieu et le refus de la Trinité, le présent verset marque également une distance avec le statut et le règle du clergé dans la tradition chrétienne. En effet, ici, comme dans d’autres versets ou traditions prophétiques, ces potentiels << maitres » (seigneurs, autorités) cités dans le verset susmentionné réfèrent à ceux qui se placent entre Dieu et les hommes et pourraient ainsi se prévaloir de pouvoirs religieux illégitimes ou démesurés. La délégation de Najran refusera d’adhérer au message du Prophète. Avant de repartir, les membres de la délégation voulurent accomplir leurs prières à l’intérieur de la mosquée. Les compagnons présents crurent devoir s’y opposer, et le Prophète intervint:  » Laissez- les prier !  » Ceux-ci prièrent donc dans la mosquée en se tournant vers l’Orient. Au moment de partir, ils proposèrent au Prophète d’envoyer avec eux un émissaire qui vivrait auprès d’eux, répondrait à leurs questions et, le cas échéant, jugerait de certaines de leurs affaires. Abu ‘Ubayda ibn al-jarrah fut désigné alors que ‘Umar -ibn al-Khattab avouera plus tard avoir tenté sans succès d’attirer l’attention du Prophète afin que celui-ci le désignât pour accomplir cette mission. La délégation s’en retourna. Les chrétiens étaient venus à Médine, s’étaient enquis du message, avaient écouté le contenu de la nouvelle religion, avaient présenté leurs arguments, avaient prié à l’intérieur même de la mosquée, puis ils étaient repartis sans être inquiétés, toujours chrétiens et parfaitement libres. L’attitude du Prophète ne sera pas oubliée par les premiers compagnons qui en tirèrent la substance du respect qu’impose l’islam à ses fidèles en les invitant, au—delà de la tolérance, à apprendre, à écouter et à reconnaitre la dignité de l’autre. Le commandement ~ Pas de contrainte en religion ! » S’accorde avec cette façon respectueuse d’aborder la diversité :

« O vous les Hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. En vérité, le plus noble d ’entre vous auprès de Dieu est celui dont la conscience de Dieu [la piété] est la plus profonde. Dieu est Omniscient et le Bien informé » (Coran, 49, 13)

Plus que la tolérance, en effet (qui a des accents de condescendance au cœur d’une relation de pouvoir), le respect exigé par Dieu se fonde sur un rapport égalitaire de connaissance mutuelle. Dieu seul sait le contenu des cœurs et la profondeur de la piété des uns et des autres. Ailleurs, le Coran — alors même que le statut des prêtres et des dignitaires religieux est critiqué et refusé — mentionne et reconnait la sincérité de leur humble quête du divin:

Et tu constateras certainement que les plus proches en sympathie [en termes d’affection] vis-à-vis des croyants [musulmans] sont ceux qui disent nous sommes chrétiens et ce car il en est parmi eux qui sont prêtres et moines et qu’ils ne s’enflent point-d’orgueil . (Coran, 5, 82)

Ce verset, tiré de la cinquième sourate (la dernière révélée en matière de prescriptions), formule les termes d’une relation privilégiée entre les musulmans et les chrétiens, se fondant sur les deux qualités essentielles que sont la sincérité et l’humilité. Avec les chrétiens, comme avec toutes les autres traditions spirituelles et religieuses, l’invitation à la rencontre, au partage et à un vivre ensemble fructueux restera pour toujours fondée sur ces trois conditions: chercher à acquérir la connaissance de l’autre, demeurer sincère (et donc honnête) au cours de la rencontre et des débats et, enfin, apprendre l’humilité quant à la prétention à détenir la vérité. C’est ce message que porta le Prophète dans sa relation avec les fidèles des autres religions. On le voit, il n’hésita pas à questionner, voire à contredire les convictions des chrétiens (comme la Trinité ou le rôle des prêtres), mais, au bout du compte, son attitude était fondée sur la connaissance, la sincérité et l’humilité, qui sont les trois conditions du respect. Ils repartirent libres, et le dialogue se poursuivit avec l’émissaire du Prophète.

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