Muhammad – Vie du Prophète (Citations et la question des chrétiens)

Pour rendre l’article initial plus court, j’ai décidé de le couper en deux en séparant les parties citations et la question des chrétiens..

L’article initial est ici :
https://conradfaitunepause.wordpress.com/2013/05/12/muhammad-vie-du-prophte/


Quelques citations

Sur la prière

.. révèle ce que la prière doit être par essence ; un rappel et une élévation, cinq fois par jour, vers le Très-Haut pour se détacher de soi, du monde et des illusions.

Avec les non musulmans. Le Prophète n’hésitait pas à mettre toute sa confiance auprès de non musulmans honnêtes et dignes.

Dieu ne vous défend pas d’être bons [d’éprouver de l’affection] et d’être équitable envers ceux qui ne vous attaquent pas à cause de votre religion et qui ne vous expulsent point de vos foyers. Dieu aime ceux qui sont équitables. Mais il vous interdit toutes liaisons avec ceux qui vous combattent à cause de votre religion, qui vous chassent de vos foyers, ou qui contribuent à le faire. Ceux qui établiraient une telle alliance seraient injustes. (Coran, 60, 8-9)

Et vis à vis de ceux qui, sous la persécution, avaient renié leur religion, aucune sanction ou décision n’étaient prises, et vis-à-vis de ceux qui avaient un jugement trop sévères sur eux-mêmes..

Dis : O Mes serviteurs qui avez commis des excès contre vous-même, ne désespérez point de la Miséricorde de Dieu. Dieu, en vérité, pardonne tous les péchés. Il est certes Celui qui pardonne, l’Infiniment Bon. Revenez vers votre Seigneur et soumettez-vous à Lui avant que ne vous arrive le châtiment, car alors vous ne seriez point secourus. (Coran, 39, 53-54)

   Ailleurs, au moment de l’Hégire

.. Dieu n’agira qu’au-delà et après que l’être humain aura, à son niveau, cherché et épuisé toutes les potentialités de l’agir. C’est le sens profond du verset coranique :
Certes Dieu ne change pas ce qui est en un peuple, avant que ceux-ci ne changent ce qui est en eux-mêmes. (Coran, 13, 11)

En parlant des Gens du Livre

Les juifs sont, avec les chrétiens, “les gens du Livre”, ceux qui ont effectivement reçu un message révélé de la part de Dieu. Le Coran stipule clairement cette reconnaissance :
Dieu, il n’y a pas d’autre divinité que Lui, le Vivant, l’Agent de l’Univers. Il t’a révélé graduellement le Livre en tant que Message de vérité, confirmant ce qu’il avait précédé ; comme Il avait révélé la Torah et l’Evangile auparavant, pour servir de direction aux hommes. (Coran, 3, 2-4)

..et lorsqu’un musulman tenta de reporter la faute sur un juif (alors que les musulmans étaient en conflits avec une tribu juive dont ils soupçonnaient le double jeu), la Révélation, sur huit versets, vint dénoncer la grave manipulation du coupable musulman en révélant ainsi l’innocence du juif. Les propos à l’endroit du musulman sont explicites :

Celui qui commet une faute ou un péché puis en accuse un innocent, celui-là est coupable d’une infamie et d’un péché grave. (Coran, 4, 112)

Suit un rappel..

O vous les porteurs de la foi ! Tenez-vous fermes devant Dieu en témoins de la justice et que l’aversion profonde vis-à-vis d’un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices. Soyez justes, cela est certes plus près de la conscience intime de Dieu [portez donc cette conscience intime de Dieu]. Dieu est bien informé de ce que vous faites. (Coran, 5, 8)

Le Prophète questionne :

Savez-vous qui est l’homme ruiné (en faillite) ? Ils luis répondirent : Il s’agit de celui qui ne possède ni bien, ni argent. Muhammad leur dit : “L’homme ruiné de ma communauté est celui qui, le jour du Jugement, aura à son actif des jeûnes, des prières, des aumônes mais qui aura, par ailleurs, calomnié un tel, volé l’argent d’un autre, versé le sang de celui-ci et frappé celui-là, si bien qu’on lui prendra ses bonnes actions pour les distribuer à ses victimes. Quand il n’aura plus d’œuvres pieuses à son actif, et avant même qu’il ne purge sa peine, on le chargera des péchés de ses victimes avant de le jeter en enfer.

Qui donc est l’homme fort ?
L’homme fort est celui qui se maitrise alors qu’il est en colère !

La richesse n’est point dans les choses que l’on possède !
La vrai richesse est la richesse de l’être (de l’âme)

Aide ton frère qu’il soit juste ou injuste !
Empêche-le (le frère injuste) d’accomplir son injustice, ce sera ton soutien à son égard.

Sur l’ascétisme exagéré envisagé par certains disciples :

N’en fais rien ! Mais jeûne certains jours et mange certains jours. Dors une partie de la nuit et veille une autre partie en accomplissant la prière. Car ton corps a sur toit des droits, tes yeux ont sur toi un droit, ta femme a sur toit un droit, ton hôte a sur toi un droit.

Il s’exclama un jour, et répéta trois fois :

“Malheur aux exagérateurs [rigoriste] !!!
“La modération, la modération ! Car c’est seulement par la modération que vous arriverez à bon port”

En d’autres circonstances, il les surprenait en affirmant que c’était au cœur même de leurs besoins les plus humains, dans l’humble reconnaissance de leur humanité, que s’exprimait la sincérité d’une prière, d’une aumône ou d’un acte d’adoration _

“La prescription du bien est une aumône, la proscription du mal est une aumône. Dans vos relations sexuelles avec vos épouses, il y a une aumône”
Ses compagnons, surpris lui dirent :
“O Messager de Dieu, quand l’un de nous satisfait son désir (sexuel) en reçoit-il en plus une récompense ? “
Muhammad répondit :
“Dites-moi, si l’un d’entre vous avait eu une relation illicite, n’aurait-il point commis un péché ? C’est pourquoi lorsqu’il a une relation licite, il en reçoit une récompense”

Sur le jugement  

Personne, parmi les musulmans, n’aurait pu imaginer que Umar reconnaisse le message de l’islam, tant il avait manifesté de haine à son encontre. Cette révolution du cœur était un signe et portait un double enseignement : rien n’est impossible à Dieu, et il ne faut juger définitivement de rien ni de personne. Il s’agissait d’un nouveau rappel à l’humilité en tout circonstance : pour l’être humain, se souvenir du pouvoir infini du Divin, cela devrait vouloir dire apprendre, vis-à-vis de sa propre personne, à sainement douter de soi et vis-à-vis d’autrui, à suspendre son jugement.

En parlant de Khadîdja

—A la lumière de sa présence et de son rôle dans sa vie, il est possible d’appréhender la multitude de sens possible contenue dans l’idée de “ vêtement” qui se trouve dans un verset qui sera révélé bien plus tard à propos de la relation entre les époux : “ Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles”

Sur la douceur de Dieu et de sois-même

« Dieu est doux (Rafiq), et Il aime la douceur (ar-rafiq) en tout chose”. en ajoutant : “Il donne pour la douceur ce qu’Il ne donne pas pour la violence ou toute autre chose”. Il confia à l’un de ses compagnons : “Il y a en toi deux qualités que Dieu aime : la clémence (al-hilm) et la longanimité (la grandeur d’âme, la tolérance)” et il invitait tous les compagnons à ce constant effort de la douceur et du pardon : “ S’il te parvient de ton frère une chose que tu désapprouves, cherche-lui une à septante excuses. Si tu ne trouve pas, dis [persuade-toi] que c’est une excuse que tu ne connais pas “


Les chrétiens de Najrân

Une délégation de quatorze notable religieux de Najran avait rendu visite au Prophète afin de l’interroger sur la nouvelle religion, sa foi et, bien sûr, sur le statut de Jésus dans l’islam. Il existait de nombreuses tribus chrétiennes dans la péninsule Arabique…

Le Prophète répondit à leurs questions, mit en évidence le lien entre les deux traditions en ce que l’islam était la continuation du message du Prophète Jésus, mais il fut catégorique quant au refus du dogme de la Trinité. Il les appela à l’adoration du Dieu unique et à accepter l’islam comme étant la dernière Révélation. Le Coran rend longuement compte de cette rencontre et, dans le prolongement, du rapprochement et des distinctions entre les enseignements chrétiens et islamiques. Le début de la troisième sourate Ala Imran (“ La famille d’Imran ») fixe le cadre de référence Islamique :

Alif— Lâm — Mim. Dieu, il n’y a point d’autre divinité que Lui, le Vivant, l’Animateur de l’univers ! Il t’a révélé graduellement le Livre en tant que Message de vérité, confirmant ce qui avait précédé, comme l’avait révélé la Torah et l’Evangile auparavant, pour servir de direction aux bommes. Et Il a également révélé le Livre du discernement [le Coran]. (Coran, 3, 1-4)

La Révélation confirme la reconnaissance des précédents Livres qui sont parvenus à l’humanité par l’intermédiaire de Moïse et de Jésus, et ajoute que le Coran participe de la même tradition monothéiste. Plus loin, le texte précise les termes de l’invitation faite aux chrétiens quant au rapprochement et aux distinctions des deux messages :

Dis : “O gens du livre ! Venez donc à une parole commune entre nous et vous, [à savoir] de n’adorer que Dieu seul, de ne rien Lui associer et de ne pas nous prendre les uns les autres pour des maitres en dehors de Dieu.” S’ils s’y refusent, dites-.leur : “Soyez témoins que, en ce qui nous concerne, nous sommes soumis à Dieu” (Coran, 3, 64)

Avec l’affirmation de l’unicité de Dieu et le refus de la Trinité, le présent verset marque également une distance avec le statut et le règle du clergé dans la tradition chrétienne. En effet, ici, comme dans d’autres versets ou traditions prophétiques, ces potentiels << maitres » (seigneurs, autorités) cités dans le verset susmentionné réfèrent à ceux qui se placent entre Dieu et les hommes et pourraient ainsi se prévaloir de pouvoirs religieux illégitimes ou démesurés. La délégation de Najran refusera d’adhérer au message du Prophète. Avant de repartir, les membres de la délégation voulurent accomplir leurs prières à l’intérieur de la mosquée. Les compagnons présents crurent devoir s’y opposer, et le Prophète intervint:  » Laissez- les prier !  » Ceux-ci prièrent donc dans la mosquée en se tournant vers l’Orient. Au moment de partir, ils proposèrent au Prophète d’envoyer avec eux un émissaire qui vivrait auprès d’eux, répondrait à leurs questions et, le cas échéant, jugerait de certaines de leurs affaires. Abu ‘Ubayda ibn al-jarrah fut désigné alors que ‘Umar -ibn al-Khattab avouera plus tard avoir tenté sans succès d’attirer l’attention du Prophète afin que celui-ci le désignât pour accomplir cette mission. La délégation s’en retourna. Les chrétiens étaient venus à Médine, s’étaient enquis du message, avaient écouté le contenu de la nouvelle religion, avaient présenté leurs arguments, avaient prié à l’intérieur même de la mosquée, puis ils étaient repartis sans être inquiétés, toujours chrétiens et parfaitement libres. L’attitude du Prophète ne sera pas oubliée par les premiers compagnons qui en tirèrent la substance du respect qu’impose l’islam à ses fidèles en les invitant, au—delà de la tolérance, à apprendre, à écouter et à reconnaitre la dignité de l’autre. Le commandement ~ Pas de contrainte en religion ! » S’accorde avec cette façon respectueuse d’aborder la diversité :

« O vous les Hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. En vérité, le plus noble d ’entre vous auprès de Dieu est celui dont la conscience de Dieu [la piété] est la plus profonde. Dieu est Omniscient et le Bien informé » (Coran, 49, 13)

Plus que la tolérance, en effet (qui a des accents de condescendance au cœur d’une relation de pouvoir), le respect exigé par Dieu se fonde sur un rapport égalitaire de connaissance mutuelle. Dieu seul sait le contenu des cœurs et la profondeur de la piété des uns et des autres. Ailleurs, le Coran — alors même que le statut des prêtres et des dignitaires religieux est critiqué et refusé — mentionne et reconnait la sincérité de leur humble quête du divin:

Et tu constateras certainement que les plus proches en sympathie [en termes d’affection] vis-à-vis des croyants [musulmans] sont ceux qui disent nous sommes chrétiens et ce car il en est parmi eux qui sont prêtres et moines et qu’ils ne s’enflent point-d’orgueil . (Coran, 5, 82)

Ce verset, tiré de la cinquième sourate (la dernière révélée en matière de prescriptions), formule les termes d’une relation privilégiée entre les musulmans et les chrétiens, se fondant sur les deux qualités essentielles que sont la sincérité et l’humilité. Avec les chrétiens, comme avec toutes les autres traditions spirituelles et religieuses, l’invitation à la rencontre, au partage et à un vivre ensemble fructueux restera pour toujours fondée sur ces trois conditions: chercher à acquérir la connaissance de l’autre, demeurer sincère (et donc honnête) au cours de la rencontre et des débats et, enfin, apprendre l’humilité quant à la prétention à détenir la vérité. C’est ce message que porta le Prophète dans sa relation avec les fidèles des autres religions. On le voit, il n’hésita pas à questionner, voire à contredire les convictions des chrétiens (comme la Trinité ou le rôle des prêtres), mais, au bout du compte, son attitude était fondée sur la connaissance, la sincérité et l’humilité, qui sont les trois conditions du respect. Ils repartirent libres, et le dialogue se poursuivit avec l’émissaire du Prophète.

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Muhammad – Vie du Prophète

Enfin! J’ai pu rencontrer Muhammad et peut-être un peu d’Islam (probablement idéalisé).
Et je dois ceci à un certain Monsieur Tariq Ramadan.

Le mot « islam » est la translittération de l’arabe الإسلام, islā , signifiant : « reddition », « soumission », « allégeance », sous-entendant « à Dieu ».

Le livre en question :
Muhammad vie du prophète : Les enseignements spirituels et contemporains

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Je dis enfin car bien qu’ayant lus quelques livres traitant des religions (toutes les religions ou limités à celles du Livre), la lecture d’une partie du Coran n’avait pas laissé d’empreinte/impression sur moi..
D’une part il me faut plus que proclamer quelque chose pour que j’y croie, d’une autre je le trouvais parfois sans queue ni tête et avec de nombreuses contradictions..

Plus tard j’apprendrai que le Coran ne présente pas les sourates (révélations, chapitres) dans l’ordre chronologique, c’est un détail qui prendra de l’importance.

Ma vision de l’Islam était donc extrêmement limitée et, comme toujours, conditionnée par mes connaissances en la matière, un mélange entre les caricatures et messages (manipulations?) des médias et ce que j’avais pu lire donc, duquel je ressortais essentiellement un monothéisme radical et une transcendance du Divin, une apparente grande piété des musulmans (difficilement conciliable avec ce qu’on peut percevoir du monde musulman actuel peut-être?), beaucoup de légalisme, le tout d’une source et d’évènements se produisant dans un contexte de guerre et de mœurs du 7e siècle.

Personnellement, j’accusais l’Islam comme le Judaïsme de ne pas faire le travail de raison et de discernement qui devrait permettre de séparer le culturel, l’environnemental, le contextuel, bref le temporel du message spirituel qui lui se veut intemporel..

Pour ce qui est de certaines franges du monde musulman contemporain et des messages/images qu’ils nous renvoient, j’applique le même raisonnement que pour toutes religions : Du meilleur, l’Homme peut produire le pire.

Donc que m’a apporté ce livre, outre une méconnaissance amoindrie de cette religion?
Si je devais résumer en trois points mes impressions :

  1. Le Coran ne devrait être (ne peut être?) perçu/reçu sans l’histoire, les contextes et évènements, ainsi que les messages et commentaires du Prophète. Ceux-ci sont rapportés dans les Hadiths. note
  2. J’ai été emporté par une présentation d’un prophète que je peux enfin placer à côté des autres grandes personnalités.
    Avec toutefois la particularité que Muhammad est et reste essentiellement un homme, en proie aux épreuves, aux doutes, aux peurs et craintes, et même aux erreurs et aux remontrances. Bref un homme..
  3. L’Islam présenté tel-quel se positionne absolument et indéniablement de la Tradition du Livre, une continuation, un Rappel.
    Cette Islam s’envisage respectueux et fraternel avec les Juifs et Chrétiens, prônant l’éthique, la tolérance, la justice et la morale avec tous les humains (plaçant ces valeurs hors de toute séparation, y-c religieuses)

note C’est une énorme différence me semble-t-il d’avec l’Evangile. C’est par contre peut-être un point plus en commun avec le Judaïsme Talmudique (La Torah uniquement avec/par le Talmud – Je n’ai encore rien lu sur le Talmud outre sa fonction et quelques exemples).
Je ne suis pas sans savoir que la question du Talmud et des Hadiths dans leur  religion respective n’est pas sans soulever de nombreuses polémiques et “guerre de religions/religieux”.

Si la présentation qu’en fait Mr Ramadan est honnête (à défaut probablement d’être impartial..), ce Prophète est plein de sagesse, d’humilité, de compassion et d’amour. De mon point de vue, avec les quelques croyances qui me restent, je dirais donc que comme pour les autres ‘grandes personnalités’, il a du “composer” avec un contexte donné, à savoir ici un monde arabe aux multiples croyances polythéistes du 7e siècle, où règnent tribus et clans, un monde apparemment plutôt violent et précaire.
Tout est conditionné, tout est contextuel, tout est relatif.. ne l’oublions pas (je répète ce crédo un peu trop souvent ? ^^)

Sa Mission?
Un rappel au Monothéisme, avec élévation de la morale, dans un monde polythéiste.
Tiens, cela me rappelle effectivement quelque chose, pas vous?

Monsieur Tariq Ramadan

Oui, un rapide coup d’œil sur internet et, sans surprise, je trouve des articles nourrissant des polémiques sur Mr Ramadan, l’accusant surtout de double langage.

Pour ma part, je suis d’avis qu’il est impossible de plaire à tout le monde, et qu’une personnalité publique, de surcroit religieuse, n’a d’autre choix que d’adapter son langage à son auditoire..avec les conséquences inéluctables qui vont avec.

Mais il est également évident que je n’ai lu qu’un de ses livres et que je n’ai pas cherché à faire une thèse sur sa personne. Quoi qu’il en soit, à l’heure actuelle, je ne me vois pas pouvoir être autre chose que respectueux vis à vis d’un tel profil, et il a toute ma gratitude relativement à cet unique livre lu.

Comment aborder cet article ?

Dois-je essayer de faire un résumer de ce qui est déjà une introduction à l’Islam, un résumé présenté avec un talent inouï et que je ne pourrais que trahir et amoindrir? La réponse semble devoir être non, mais en même temps, comment en parler et, peut-être, donner l’envie à d’autres de le lire et de découvrir une autre vision de l’Islam?

Je me propose donc de présenter un survol du début de la vie et de la Mission du Prophète, ceci jusqu’à  un peu avant l’Hégire (l’émigration de la communauté musulmane vers Médine), en espérant transmettre un peu du message et du talent que Mr Ramadan met à disposition de cette introduction.

Je sais que cet article dépasse de très loin en longueur ce que la majorité des lecteurs sur le web sont enclins à aborder, aussi si la partie où je reprends le début de la mission du prophète est par trop long, vous souhaiterez peut-être commencer par la lecture de certaines des citations qui m’ont plus lors de la lecture du livre (il y en a beaucoup plus).
Si vous êtes chrétien, il vous intéressera peut-être de lire le chapitre ‘Les chrétiens de Najrân’ que j’ai repris intégralement du livre.
L’un ou l’autre vous donnera peut-être le courage et la motivation de lire cet article ^^.

Liens vers les citations et la questions des chrétiens:
https://conradfaitunepause.wordpress.com/2013/05/12/muhammad-vie-du-prophte-citations-et-la-question-des-chrtiens/

Le CD qui m’a accompagné tout au long de la lecture de ce livre a été ‘Call of the Mystic’ de Karunesh, à mes oreilles une merveille inspirée, le meilleurs de ses CDs et de loin.

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Voici un extrait.. on trouve d’autres pistes du CD disponibles en mauvaise qualité sur Youtube, mais vraiment, offrez-vous le CD si vous appréciez.

 

Je souhaite rappeler que j’encourage fortement à acheter le livre qui est une brillante introduction à l’Islam. Une introduction peut-être idéalisée, orientée et enjolivée, mais pourquoi toujours préférer le contraire?
Mon résumé ne pourra être qu’insuffisant et incomplet. Les passages en italiques sont des citations du livre.

Vie et Mission du Prophète

Muhammad est né orphelin de père et aura une vie parsemée d’épreuves ainsi que d’évènements mystérieux, ces derniers devant l’encourager et être autant de signes du Divin.

Il nait à la Mecque, dans un environnement difficile où la sécurité tiens aux pactes entre clans et tribus et où règnent de multiple croyances polythéistes. Il est dit que Muhammad présentera des valeurs morales, d’honnêteté et d’éthique hors norme dès l’enfance et ne sera jamais corrompu par l’idolâtrie ou autres pratiques et croyances du lieu.

La reconnaissance de ses qualités morales précéda sa mission prophétique, laquelle, à posteriori, confirma la nécessité desdites qualités.

Dieu lui aurait fait un triple don:
– La Foi en l’Unique (Dans un contexte polythéiste)
– L’élection de la prophétie
– L’accompagnement de Dieu

Il passera une bonne partie de son enfance dans le désert, élevé par des bédouins puis actif comme berger, et c’est là qu’il méditera et apprendra beaucoup de la Nature.

Pendant quatre ans, l’orphelin vivra avec Halima et avec les Bédouins de Banu Sa’d dans le désert d’Arabie. Il partagera la vie des nomades, au cœur de la nature la plus dépouillée et la plus rude, subissant la sècheresse du climat et entouré a perte de vue des horizons qui rappellent la fragilité de l’humain, la contemplation et la solitude. Muhammad traversait, sans le savoir encore, les premières étapes et les premières épreuves lui étant prédestinées par l’Unique qui l’avait choisi comme Messager et qui était pour l’heure Son Educateur, Son Rab. Le Coran rappellera plus tard sa situation particulière d’enfant orphelin, de même que les enseignements spirituels accompagnant l’expérience de la vie dans le désert:

‘Ne t’a-t-il pas trouvé orphelin ; Il ta alors accueilli ! Ne ta-t-il pas trouvé égaré ; Il ta alors guidé ! Ne t’a-t-il pas trouvé pauvre ; Il t’a alors enrichi ! Donc [pour cette raison].. quant à l’orphelin, ne le maltraite point ; quant à l’homme dans le besoin, ne le repousse pas et quant au bienfait de ton Seigneur, proclame-le !’ (Coran, 93, 6-11)

.. Ces premières années de la vie du Prophète vont nourrir une relation tout a fait particulière avec la Nature, qui demeurera une constante tout au long de sa mission. L’univers est empli de signes qui rappellent la présence du Créateur et le désert, plus que tout autre, ouvre l’esprit humain à l’observation, à la méditation et à l’initiation au sens. Ainsi trouve-t-on de multiples versets du Coran qui renvoient au livre de la Création et à ses enseignements. Le désert, où la vie, la végétation et la verdure sont apparemment absentes, montre et prouve régulièrement à la conscience observatrice de l’homme la véracité du miracle du retour à la vie :

‘Tu vois, parmi Ses signes, la terre comme prostrée [par l’effet de la sècheresse] s’animer et s’épanouir dés que Nous descendons sur elle quelques ondées du ciel. Celui qui lui rend la vie est aussi Celui qui fait revivre les morts, car Sa puissance n’a pas de limite‘. (Coran, 41, 39)

‘Il y a certes dans la création des cieux et de la terre, et dans la succession de la nuit et du jour, des signes pour ceux qui sont doués d’intelligence.’ (Coran, 3, 190)

Il est rapporté que le Prophète pleura une nuit entière lorsque ce verset lui fut révélé. A l’aube, lorsque le muezzin Bilal, venant faire l’appel à la prière, le questionna sur la cause de ses larmes, il lui expliqua le sens de sa tristesse et ajouta: “Malheur à qui entend ce verset et ne le médite pas !”

Plus tard il s’engagera avec succès dans le commerce et les affaires. Puis il se mariera avec sa première femme qui prendra une place et aura un rôle important dans sa vie, Khadîdja. Ils auront 6 enfants dont deux garçons (qui décèderont).

Il aurait pu avoir une vie publique pleine de réussites et de succès, mais il était appelé par une quête de vérité. Il ira dès lors pratiquer des retraites dans l’une des cavernes de Hira, ce que d’autres faisaient également (dont des chrétiens),

.. Il s’agissait bien d’une quête de vérité : insatisfait des réponses offertes par son entourage, mu par l’intime conviction qu’il devait chercher au-delà, il décida de s’isoler dans la contemplation. Il approchait des quarante ans et trouvait ainsi le moyen de vivre une introspection profonde…
.. tout cela menait insensiblement Muhammad vers l’initiation suprême au sens, à la rencontre avec son Educateur, avec le Dieu unique. A quarante ans, le premier cycle de sa vie venait de s’achever, et c’est en s’approchant de la caverne de Hira, durant le mois de Ramadan de l’année 610, qu’il entendit une première voix l’apostropher et le saluer :
”As-salamu alayka, ya rasul Allah! – Que la Paix soit sur toi, ô Envoyé de Dieu !”

C’est l’ange Gabriel qui lui apparut pour une première révélation. L’ange le laissera dans un état de trouble profond. il avait peur et ne savait pas s’il s’agissait d’une vision démoniaque ou s’il était tout simplement possédé.
Il décida de s’en retourner auprès de son épouse. Il y parvint en plein désarroi et lança : “Couvrez-moi!” Couvrez-moi!” Son épouse Khadîdja l’enveloppa d’un manteau et s’enquit de son état. Muhammad lui expliqua ce qui venait de se passer et lui fit part de sa peur : “ Que m’arrive-t-il ? J’ai peur pour moi » . Khadîdja le réconforta et lui murmura : “ Tu n’as rien à craindre. Repose-toi et calme-toi. Dieu ne te laissera pas souffrir une humiliation parce que tu es bon avec les tiens, tu dis la vérité, tu assistes quiconque est dans le besoin, tu accueilles de la meilleure façon ton hôte et tu soutiens toutes les causes justes “

Ce passage ne présente-t-il pas une réaction profondément humaine ?

Khadîdja ira demander l’avis de son cousin, le chrétien Waraqa ibn Nawfal, qui reconnaitra les signes et l’ange, celui qui était venu à Moise. Il proclamera : “Certes, Muhammad est le Prophète de ce peuple”.
Plus tard il dira au Prophète qu’il sera traité comme tous prophètes, à savoir qu’il sera traité de menteur, qu’il sera maltraité, qu’il sera banni et qu’on lui fera la guerre. Tout cela se révèlera exacte.

Aisha rapporte que Waraqa précisa encore : “ Ton peuple te bannira! “ ce qui interpela le Prophète : “ Ils me banniront? “ et Waraqa de l’avertir : “ Certes oui ! Jamais un homme n’est venu avec ce avec quoi tu es venu sans avoir été combattu! “

Foi, connaissance et humilité.
Ceux qui me connaissent un peu savent à quel point la connaissance est pour moi primordiale, aussi il n’étonnera personne si je dis que le passage suivant m’aura plu.

Les premiers versets révélés au Prophète, qui ne savait ni lire ni écrire, dirigent directement son attention vers la connaissance. Incapable de lire ni de réciter alors qu’il est livré à ses seules facultés, Dieu l’appelle à lire “Au nom de ton Seigneur [Rabb-Educateur]” et établit immédiatement un lien entre la foi en Dieu et la connaissance : les versets suivants confirment cette relation: “ Il a instruit l’Homme au moyen du calame; Il lui a enseigné ce qu’il ne savait pas.” Entre le Créateur et l’Homme, il y a la foi qui se fonde et se nourrit de la connaissance que le Très-Généreux (al—akram) a mise à la disposition des êtres humains pour répondre à Son appel et venir à Sa rencontre.. 

..La dignité des Hommes octroyée par la connaissance ne saurait être sans l’humilité de la raison qui connait ses limites et qui, en cela, a reconnu l’impératif de la foi. Accepter, et accepter de ne pas comprendre, la présence mystérieuse de la lettre min nécessite la foi; comprendre et accepter l’exposé sans mystère des versets qui suivent imposent l’usage d’une raison active, mais rendue nécessairement – et, au fond, naturellement – humble..

Connaissance, foi et action.

Nous sommes déjà au cœur des enseignements fondamentaux de l’islam: à la double dimension du savoir qui ne saurait être sans la conscience humaine des limites, la Révélation va en ajouter une troisième en se référant à la << noble moralité » du Prophète. Ce verset, qui rappelle ce que nous savions du Prophète en termes de singularité quant à la noblesse de son comportement depuis sa naissance, établit un lien spécifique entre la connaissance, la foi et l’action. A la lumière de la foi, la connaissance doit établir et s’établir sur la dignité morale de l’individu, et c’est d’ailleurs la noblesse reconnue de son comportement qui confirme au Prophète, à posteriori, qu’il n’est point un possèdé, qu’il est dans le bien, et que sa récompense ne connaitra point d’interruption. La foi en Dieu et le savoir, à la lumière du divin, doivent avoir comme conséquence immédiate un comportement, un agir, qui respecte une éthique et promeut le bien.

Note : Tout au long du livre, Mr Ramadan rapporte un Islam qui présente l’Homme, ses qualités, son potentiel, ses besoins, mais également ses limites. Cette image du “Là où s’arrête l’humain commence le Divin” m’a touché. Un beau rappel à l’humilité..

Suivra un temps de silence, sans révélations, et donc un temps de doutes et de sentiments d’abandon pour le Prophète. Les révélations et dons sont accompagnés d’épreuves, et c’est ici que son épouse se révèlera d’une grande importance (Ses épouses bénéficieront de la même attention..)  

Elle est à l’expérience spirituelle du Prophète Muhammad ce que Hagar et Ismaël furent à l’épreuve du Prophète Abraham.
.. Khadîdja sera la première à accepter l’Islam et, durant les dix première années de la mission de Muhammad, elle sera à ses côtés et ne fléchira jamais dans son fidèle accompagnement. On insistera jamais assez sur le rôle de cette femme dans la vie du Prophète : Elle fut, pendant 25 ans, son unique épouse.

Une révélation, des vérités, un Livre

Dieu s’était manifesté. Les premières Révélations orientaient la conscience du Prophète vers Sa présence suprême et éducatrice puisqu’Il lui parle en permanence en tant que Rabbuk, ton Educateur, ton Seigneur. L’ange Gabriel avait transmis les premiers fondements de l’adhésion et de la reconnaissance de Dieu, l’essence de la foi, en exprimant la centralité de la connaissance (de la lecture et de l’écriture) associée au bon comportement. Le cadre était fixé, et l’annonce de la bonne nouvelle était accompagnée d’un avertissement singulier: la future adversité des hommes, car jamais un homme de vérité n’est apparu sur la terre sans que se déchainent contre lui les foudres de la haine, du mensonge et de la calomnie. Certains membres de son propre peuple qui, hier, l’aimaient, le haïront au point de vouloir le tuer.

L’ange Gabriel était venu à lui et lui était apparu à plusieurs reprises. Le Prophète racontera plus tard que celui—ci lui apparaissait parfois en personne, parfois sous la forme d’un homme. D’autres fois, il entendait comme le son des clochettes, et la Révélation survenait en l’obligeant a une concentration extrême, à la limite de la suffocation. Ce dernier mode était particulièrement pénible, et le Prophète exprima souvent la tension qui en résultait, même si, au terme du processus, il était à même de répéter très exactement, mot a mot, le contenu de la Révélation qui lui était parvenue. Pendant vingt ans, l’ange Gabriel l’accompagnera et révèlera, au gré des situations et de façon irrégulière, les versets et les sourates qui, à terme, constitueront le Coran.

Le Prophète avait accueilli les premières Révélations et il commençait avec prudence à en parler à son entourage, avec les premières conversions. Ils furent les premiers à reconnaitre la véracité du message et à prononcer l’attestation de foi qui signifiait leur adhésion à l’islam :

“J’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu et que Muhammad et Son Envoyé”

Le nombre de musulmans sur les premières années resta modeste, trente à quarante suivant la tradition, mais cela suffit à générer l’hostilité des habitants de la Mecque à mesure qu’ils apprenaient les fondements de leur religion et constataient la force d’attraction auprès des pauvres et des jeunes.

L’appel public

Après ces années, Muhammad reçut une Révélation lui enjoignant de rendre son appel public : “Avertis ceux de ta famille qui te sont le plus proche”. C’est ce qu’il fit avec une réponse froide et timide, et un rejet de son oncle Abû Lahab qui se détourna entrainant avec lui l’assemblée des chefs : Il allait ainsi devenir l’exemple de celui qui rejette le message de Muhammad et qui va farouchement s’opposer à lui.

Une Révélation ultérieur lui ordonnera d’adopter une attitude franche et déterminée : “Annonce donc ouvertement ce qu’on t’a ordonné et détourne-toi de ceux qui associent des divinités à Dieu”

La mission prophétique entrait dans une phase nouvelle : désormais le message était destiné à tous et imposait une distinction franche entre le tawhid, la foi en un Dieu unique, et le polythéisme des gens de Quraysh

Le message

Durant les premières années de la Révélation, le message coranique s’était peu à peu constitué autour de quatre axes essentiels :
l’unicité de Dieu, le statu du Coran, la prière, la vie après la mort.
Les premiers musulmans étaient appelés à une conversion spirituelle profonde..

L’unicité de Dieu représente évidemment le cœur du message de l’Islam. Un rappel sans cesse martelé, et tous les chapitres du Coran commencent par une référence/louange au Dieu Miséricordieux. L’attestation de foi des musulmans stipule Muhammad comme étant le dernier prophète, et ceux-ci croient au Coran comme le dernier message/rappel.

C’est l’ange Gabriel qui enseigna au Prophète comment il devait faire les ablutions et pratiquer la prière rituelle. La prière prendra une place toujours plus grande et importante chez les musulmans, passant de deux prières par jours aux cinq encore pratiquées aujourd’hui. Les prières à cette époque de la mission se faisaient en direction de Jérusalem, manifestant ainsi la claire filiation de ce message avec le monothéisme juif et chrétien.
Comment ne pas être ému par la (potentielle) dévotion, l’humilité et la piété qui en résulte?

La sourate al-Muzzanunil, citée ci-dessus, fait référence à la prière de la nuit, qui sera également établie comme une obligation pour tous les musulmans au début de la période mecquoise, et ce jusqu’a l’ imposition des cinq prières qui fixeront la pratique définitive. Le rituel et la formation spirituelle sont particulièrement exigeants :

”O toi qui es enveloppé d’un manteau ! Lève-toi pour prier la plus grande partie de la nuit, ou la moitié, ou un peu moins ou un peu plus et psalmodie le Coran de la plus belle psalmodie. Nous allons te charger [faire parvenir] d’une parole de grand poids. En vérité la prière de la nuit laisse une profonde empreinte et permet une plus grande concentration alors que durant le jour tu as à vaquer à de multiples occupations. Invoque sans cesse le Nom de ton Rabb-Educateur – et fais don de ton être [Communie avec Lui] intensément!.”

Au cœur de La Mecque, dans un milieu de plus en plus hostile, les femmes et les hommes qui ont accepté l’islam se forment avec rigueur, et en silence. Ils se lèvent longuement pendant la nuit pour prier Dieu en récitant par cœur les << signes » du Coran que l’Unique à établi comme le lien privilégié entre Son infinie Bonté et le cœur de chaque être. Cette intense et profonde formation spirituelle va de fait établir le caractère tout à fait particulier des premiers croyants : pieux, discrets et déterminés, ils prient le Dieu de la Miséricorde et de la Paix..

Les premiers versets reviennent de façon cyclique sur le thème de la vie après la mort. L’attention du Prophète est orientée vers la priorité de cette autre vie :

“Et l’Au-delà est certes meilleur pour toi que la vie d’ici-bas”
(Coran, 93, 4)

.. Ainsi par la conscience du Jugement, s’établit la relation entre la foi et la morale, entre la contemplation et l’action: la “Voie de la droiture” qui plait au Très-Haut est celle de ceux qui “portent la foi et font le bien” (Coran, 95, 6). Etre avec Dieu, être pour Dieu, faire don de soi, c’est donc “commander le bien et résister au mal” (Coran, 3, 104),  c’est faire le choix de l’exigence éthique. Etre avec Dieu, c’est changer son comportement et décider de faire partie d’une ~ communauté qui appelle au bien (Coran, 3, 104). L’islam, comme les autres traditions monothéistes, insiste sur le retour à Dieu, Son jugement, le Paradis et l’Enfer, et de nombreux versets lient le sens de la vie à cette dimension de l’Au-delà. Dans l’expérience spirituelle qui détermine le sens de la vie et associe l’injonction de l’éthique du comportement, cette étape initiatique est essentielle, même si elle n’est pas l’ultime enseignement de la relation avec Dieu. Au-delà de l’espoir de Son Paradis et de la crainte de l’Enfer, le paroxysme de la relation au Très Rapproché est avant tout de L’aimer et de désirer observer Sa face pour l’éternité, comme l’enseignera plus tard le Prophète à ses compagnons avec cette invocation: “O Dieu, offre-nous la grâce et le plaisir de pouvoir observer Ta face infiniment généreuse”. L’exigence morale se présente comme le passage obligé de la proximité intime et amoureuse de Dieu…

L’adversité va grandissante. Les chefs de clans percevaient chaque jour davantage la nature du danger qui les guettait : c’était une claire rébellion contre leurs dieux et leur coutumes qui, à terme, ne manquerait pas de mettre en péril leur pouvoir. Ils multiplieront les tentatives pour faire cesser la diffusion d’un message pour eux dangereux et inacceptable. Le Prophète ne cèdera jamais, rappelant que seule l’intéressait sa mission : appeler à la reconnaissance et à la foi en Dieu, l’Unique, quel qu’en soit le prix :

Je ne suis pas un possédé, et je ne cherche parmi vous ni des honneurs ni le pouvoir. Dieu m’a envoyé auprès de vous comme messager. Il m’a révélé un Livre et m’a ordonné de vous porter de bonnes nouvelles et de vous avertir. Je vous ai transmis le message de mon Rabb [Educateur] et j’ai été pour vous de bon conseil. Si vous accepter de moi ce que je vous ai apporté, ce sera une bonne fortune pour vous dans ce monde et dans l’autre ; mais si vous rejetez ce que j’ai apporté, alors j’attendrai patiemment que Dieu juge entre nous

Sur l’humanité du Prophète et l’adversité :

Le Prophète affrontait l’humiliation et la moquerie. On lui demandait des miracles et des preuves, et il répondait inlassablement en citant le Coran et en affirmant : “Je ne suis qu’un messager !”

La pression allait grandissant, et des manifestation d’opposition de plus en plus violentes commençaient à se faire jour : les chefs de clans s’en prenaient surtout aux musulmans qui n’étaient pas protégés par un clan, ou directement pauvres. Ainsi l’esclave Bilal avait été attaché par son maitre dans le désert en plein soleil. Son maitre lui frappait le ventre avec une pierre en le forçant à renier son Dieu, mais Bilal n’avait de cesse de répéter : “Il est Unique, Il est Unique …” Plus tard, Abu Bakr racheta Bilal (Comme il le fit avec tant d’autres esclaves) et lui rendit sa liberté : celui-ci deviendra plus tard le muezzin – celui qui appel à la prière – de Médine..

La situation politique devenait de pire en pire, aussi le Prophète cherchait des moyens pour améliorer la situation des musulmans. Il chercha donc à approcher Walid, un chef de clan au pouvoir conséquent sur l’ensemble de la société. C’est lors de cet évènements qu’il se fera remettre à l’ordre et où son statu d’homme faillible apparait, et ce ne sera pas la seule fois.

..S’il réussissait à le convaincre de la véracité du message ou, au moins, à le faire intervenir pour que cessent les persécutions, ce serait un acquis de taille pour lui et ses compagnons. Mais alors qu’il discutait et essayait de trouver un appui auprès de Walid, le Prophète se fit apostropher par un aveugle, pauvre et âgé, qui s’était déjà converti a l’islam et qui lui demandait de lui réciter du Coran. Muhammad se détourna d’abord calmement puis fut excédé par l’insistance de ce vieil homme qui perturbait ses plans et l’empêchait d’exposer son propos et ses doléances à Walid. Ce dernier, dédaigneux, refusa finalement d’entrer en matière. Une sourate sera révélée à la suite de cet incident et imposera aux musulmans d’en tirer un enseignement pour l’éternité :

‘Au nom de Dieu, l’infiniment Bon, le Miséricordieux. Il [le Prophète] s’est renfrogné et s’est détourné lorsque l’aveugle vint à lui. Que sais-tu de lui ? Peut-être cherchait-il à se purifier  ou à écouter tes exhortations pour en tirer profit ? Comment donc I A celui qui est plein de suffisance, tu portes un intérêt tout particulier alors qu’il t’importe peu de savoir s’il va se purifier. Quant à celui qui vient à toi, avec empressement, mu par la crainte révérencielle de Dieu, tu ne t’en soucies même pas ! Certes non, le Coran et un Rappel qui s’adresse à tout homme qui veut en méditer le sens !’ (Coran, 80, 1-12)

Le Prophète n’oubliera jamais cet enseignement (ne jamais négliger une conscience humaine, ne jamais s’éloigner des pauvres et des démunis, etc..) et à plusieurs reprises il se tournera vers Dieu pour L’invoquer en ces termes :

“ O Dieu, nous Te demandons de nous offrir la piété, la dignité, la richesse [spirituelle] ainsi que l’amour des pauvres”

Ainsi le Prophète est-il un modèle pour les musulmans, non seulement par l’excellence de son comportement, mais aussi par les faiblesses de son humanité que le Coran révèle et mentionne pour que les consciences musulmanes n’oublient jamais ce message à travers les âges. Que les pouvoirs, vos intérêts sociaux, économiques ou politiques, ne vous détournent jamais des êtres humains ..

D’où Tariq Ramadan continue avec une critique assez inattendue vis à vis des musulmans dans l’histoire, tentés par les pouvoirs et négligeant ces injonctions. Il rappel le Prophète s’adressant à sa communauté spirituelle, au-delà de sa présence, pour les siècles à venir :

“ Pour chaque communauté [spirituelle] il est un objet de discorde, de tension et de désordre (fitna) et cet objet, pour ma communauté, est l’argent”

Ce n’est pas moi qui vais contredire^^

Les conflits et les adversités, allant jusqu’aux persécutions, n’ont cessé d’augmenter. Le Prophète répond toujours par le Coran, et c’est ici qu’apparait pour la première fois le mot Jihâd dans une révélation :

N’obéis point [ne cède point] aux négateurs et résiste-leur (jâhidhum) au moyen du Coran avec la plus grande des résistances [par la plus grande des luttes] (jih’âd kabira) (Coran, 25, 52)

Face aux pressions de toutes sortes, des plus douces aux plus violentes, Muhammad reçoit un verset qui lui indique la voie et le moyen de la résistance — du jihâd— qu’il doit entreprendre. Nous sommes ici en présence, du sens premier et fondamental du concept de jihâd, dont la racine, ja-ha-da, veut dire << faire un effort » mais surtout, ici, << résister » à l’oppression et à la persécution. Dieu commande a Son Envoyé de résister aux mauvais traitements des Quraysh en s’appuyant sur le Coran. Le Texte est sa véritable arme spirituelle et intellectuelle contre leurs agressions et leur violence.

Et il s’agit ici du petit jihad (résistance contre l’extérieur) et pas du grand jihad (résistance contre l’intérieur, contre son âme charnelle, ses tentations etc..), et c’est bien plus tard que ce petit jihad devra prendre la forme de la lutte et du combat sous la forme de la guerre contre d’autres clans, sans quoi ils auraient étés exterminés..

Les adversités n’ont cessé d’augmenté, et les Qurayshites multipliaient les oppressions et les stratégies contre les musulmans. Dans l’évènements qui suit, ils essaieront d’utiliser des dignitaires juifs pour piéger ou tester Muhammad.

Les Qurayshites étaient quelque peu désemparés et ne savaient point comment s’y prendre pour circonscrire la diffusion du message de Muhammad. Ils envoyèrent donc une délégation a Yathrib afin de s’enquérir auprès des dignitaires juifs de la nature et de la véracité de cette nouvelle Révélation. Les juifs de Yathrib étaient connus pour professer cette même idée du Dieu unique, et Muhammad faisait souvent référence à Moise, leur Prophète : ils étaient donc les plus à même d’exposer un avis ou, mieux, d’élaborer une stratégie.
  Consultés sur le nouveau Prophète, les rabbins proposèrent aux envoyés de La Mecque de lui poser trois questions clefs afin de savoir si ce qu’il disait était vraiment révélé ou s’il s’agissait d’un imposteur. La première question était relative à la connaissance d’une histoire relatant l’exil de jeunes gens loin de leur peuple, la seconde à celle d’un grand Voyageur qui atteignit les confins de l’univers, et la dernière était une interpellation directe à définir ar-ruh (l’âme). Les Qurayshites de la délégation repartirent, persuadés qu’ils avaient désormais les moyens de piéger Muhammad. De retour à La Mecque, ils allèrent le trouver et lui posèrent les trois questions. Celui-ci répondit presque instantanément : “ Je répondrai à vos questions demain”
  Or, le lendemain, l’ange Gabriel n’apparut pas. Point de Révélation. Ni le surlendemain, ni les quatorze jours qui suivirent. Les Qurayshites jubilaient, sûrs d’avoir enfin prouvé la duplicité de ce soi—disant Prophète, incapable de répondre aux questions des rabbins. Muhammad, de son coté, était triste et, chaque jour davantage, il craignait d’avoir été abandonné. Sans douter de Dieu, il revivait l’expérience du << doute quant a soi », amplifiée par les railleries de ses opposants. Deux semaines plus tard, il recut une Révélation et une explication;

Ne dis jamais, à propos d’une chose : “ Certes, je ferai cela demain “, sans ajouter: “Si Dieu le veut. » (in sha’ Allah) Invoque ton Seigneur [Rabb-Educateur] si tu oublies, et dis:  “Plaise à mon Seigneur [Rabb-Educateur] de me guider vers le chemin de la rectitude.”

Cette révélation était, une fois encore, un reproche et un enseignement: elle rappelait au Prophète que son statut, son savoir et son destin étaient dépendants de son Rabb, du Dieu unique et souverain, et qu’il ne devait point l’oublier. Ainsi faut-il comprendre le sens de la formule in sha allah, << si Dieu le veut »: elle exprime la conscience des limites, le sens de l’humilité de celui qui agit mais qui sait qu’au—delà de ce qu’il peut dire ou faire, Dieu seul a le pouvoir de faire en sorte que les choses adviennent. Il ne s’agit point d’un message fataliste : il n’est point question de ne pas agir mais, au contraire, de ne jamais cesser d’agir tout sen maintenant en sa conscience et en son cœur les réelles limites du pouvoir humain. Le Prophète, pour la deuxième fois dans la Révélation, était rappelé a l’ordre par le Transcendant: quelle que soit l’intensité de l’adversité des hommes, ta force et ta liberté sur la terre demeurent dans la conscience permanente de ta dépendance vis-à-vis du Créateur..

Quant à la question sur l’âme, voici la réponse révélée :

Ils t’interrogent au sujhet de l’âme (ar-rûh). Dis : L’âme relève de l’ordre [de la connaissance] exclusif de mon Seigneur [Rabb-Educateur] et, en fait de science, vous n’avez reçu que bien peu de choses. (Coran, 17, 85)

Les humiliations et persécutions augmentaient au gré des révélations, à tel point que le Prophète fut amené à faire la suggestion que les plus faibles et attaqués des musulmans prennent refuge auprès d’un roi chrétien réputé pour son honnêteté et justice.

“Si vous alliez au pays des Abyssins, vous y trouveriez un roi sous la tutelle duquel personne ne subit d’injustice. C’est un pays de sincérité dans la religion. Vous y resteriez jusqu’ à ce que Dieu vous délivre de ce dont vous soufrez actuellement.”
Le Prophète faisait référence au roi d’Abyssinie, le Negus, qui était chrétien et qui avait la réputation d’être respectueux et juste avec ses administrés. Les préparatifs commencèrent donc pour une partie de la communauté et, finalement, un certain nombre d’individus isolés et de familles quittèrent discrètement La Mecque pour vivre la première émigration : au total, on comptait une centaine de personnes, quatre-vingt-deux ou quatre—vingt-trois hommes et près de vingt femmes. Nous étions en 615, cinq ans après le début de la Révélation et deux ans après le commencement de l’appel public. La situation était devenue particulièrement difficile, au point d’avoir du prendre le risque de s’exiler très loin, dans une région qui restait, de fait, bien étrangère aux destinations habituelles des habitants de La Mecque. .

Les chefs Qurayshites décidèrent d’envoyer deux émissaires auprès du Négus afin de le dissuader d’offrir sa protection à ces immigrés et de l’inciter à les renvoyer à la Mecque.

Devant le Négus ‘Amr ibn al-’Ass et ‘Abd Allah ibn Rabi’a auraient aimé que le roi les écoutât et qu’il acceptât de renvoyer les musulmans sans même entendre ces derniers. Le Negus refusa, en affirmant que ceux qui l’avaient choisi pour les protéger avaient le droit d’exposer leurs arguments. IIl les fit appeler pour une audience qui devait réunir les émissaires de La Mecque et une délégation des immigrés musulmans. Ceux-ci choisirent Ja’far ibn Abi Talib, sage et bon orateur, pour les représenter et répondre aux questions du roi. Celui-ci les interrogea sur les causes de leur exil, et en particulier sur le contenu de ce nouveau message apporté par leur Prophète. Ja’far exposa au roi les principes fondamentaux contenus dans la Révélation et matérialisés par l’enseignement de Muhammad : la foi en un Dieu unique, le refus de l’idolâtrie, l’impératif de respecter les liens de parenté, de dire la vérité, de s’opposer a l’injustice, etc. Ja’far ajouta que c’était à cause de ce message que les gens de Quraysh les persécutaient, et qu’ils avaient donc décidé de se réfugier en Abyssinie auprès du Négus qui avait la réputation d’être juste et tolérant.
Ce dernier demanda a Ja’far s’il avait une copie ou s’il pouvait réciter un passage du texte de la Révélation apportée par leur Prophète. Ja’far répondit par l’affirmative et se mit à psalmodier quelques versets de la sourate << Marie >> (Maryam) :

Et mentionne Marie dans le Livre lorsqu’elle se retira en un endroit situé à l’est, loin de sa famille, et étendit un voile entre elle et les siens. C’est alors que Nous lui envoyâmes Notre Esprit qui se présenta à elle sous la forme d’une homme accompli. Elle lui dit : “Je cherche refuge contre toi auprès du Tout Miséricordieux, si tant est que tu Le craignes. – Je ne suis, dit-il, qu’un Envoyé de ton Seigneur, chargé de te faire présent d’un garçon immaculé. – Comment, s’étonnât-elle, pourrais-je avoir un enfant alors qu’aucun être humain ne m’a jamais touchée et que je n’ai jamais été une femme aux mœurs légères ? “ Il lui fut répondu : “Ainsi en a décidé ton Seigneur qui a dit : “Rien n’est plus facile pour Moi. Nous ferons de cet enfant un signe pour les hommes et une miséricorde émanant de Nous. ” Et c’est là un décret irrévocable‘. »

Le roi et ses dignitaires furent émus par la beauté du texte psalmodié en arabe, et ils le furent encore davantage quand le texte leur fut traduit et qu’ils comprirent qu’il s’agissait de l’annonce de la naissance miraculeuse de Jésus. Le Negus s’exclama: “En vérité, cela vient de la même source que ce qu’a apporté Jésus. » Et il se tourna vers les deux émissaires mecquois pour les éconduire et leur signifier qu’il ne leur livrerait point les immigrés musulmans, auxquels il continuerait à offrir un refuge.
‘Amr et ‘Abd Allah se retirèrent dépités mais, très vite, ‘Amr décida qu’il irait à nouveau voir le Negus pour l’informer de ce que ce nouveau message dit vraiment de Jésus, et qui ne correspond en rien à ce que les chrétiens croient. Il s’exécuta le lendemain et le roi, après l’avoir écouté, convoqua a nouveau Ja’far et sa délégation en exigeant d’en savoir plus sur ce que disait le Prophète à propos de Jésus. Ceux-ci avaient pris conscience du danger de cette rencontre : l’exposé des différences entre les deux messages pouvait amener le Negus à les renvoyer. Ils décidèrent néanmoins de s’en tenir au contenu du message et de dire ce qu’il en était en toute vérité. A la question directe du Negus: (< Que professez-vous au sujet de jésus, le fils de Marie ? », Ja’far répondit de façon non moins directe et claire ;

~ Nous en disons ce que nous a appris notre Prophète. – Il est le serviteur de Dieu, Son Messager, Son Esprit, Son Verbe qu’Il a insufflé en Marie, la Sainte Vierge.

Il n’y avait ici nulle mention de son statut de – fils de Dieu –, et pourtant, le Négus réagit en saisissant un bâton et en s’exclamant : “Jésus, le fils de Marie, ne dépasse pas ce que tu viens de dire de la longueur de ce bâton”. Les dignitaires religieux furent surpris de cette réponse, se manifestèrent en toussotant, mais le Négus les ignora et exigea qe les deux émissaires mecquois soient renvoyés et qu’ils remportent avec eux la totalité de leurs cadeaux. Aux musulmans, il renouvela son accueil et les assura qu’ils trouveraient chez lui protection et sécurité

A la Mecque, la situation s’aggravait. Dans les deux ans à venir, la communauté  devra émigrer vers Yathrib (future Médine). C’est là-bas que la communauté grandira et que la lutte armée contre les autres clans deviendra inévitable. Les évènements seront très nombreux, et je ne peux que vous inviter, une fois encore, à lire le livre, car ces événements ne seront absolument pas qu’une suite de combats ou d’actes de guerre. Bien au contraire les Révélations, les enseignements et la formation spirituel continueront.

Ultimement, la communauté reviendra à la Mecque et y instaurera, plutôt pacifiquement, l’Islam.

Christianisme(s) et Saints Chrétiens ..

Le Christianisme fut la première Sagesse/Tradition qui m’accueilli et m’aida lorsque débuta ce que j’appelle “mon chemin spirituel”, il y a sept ans environ.

Riche d’une méconnaissance totale mais plein de préjugés sur les religions chrétiennes et leurs textes canoniques que j’étais, je commençai par les textes apocryphes trouvés à Nag Hammadi. L’idée de lire des textes vieux de 2000 ans me plaisait au plus haut point, car j’imaginais que la Bible ne pouvait qu’avoir subi 2000 ans de modifications intéressées et malhonnêtes (propagande souvent vue et revue dans le “New Age”, encore une fois »), chose qui aura été démentie par les textes de la Mer Morte. Bien évidemment, je ne parle pas des versions les plus récentes, édulcorées et vulgarisées, de la Bible.

Ce qui est vrai par contre, c’est que l’église Catholique a statué et choisi quels livres seraient retenus et quels autres serait hérétiques et détruits. Rien de choquant là-dedans, presque tout les groups et/ou institutions font de même, à plus forte raison encore à titre individuel. La majorité des gens cherchent à voir leurs croyances renforcées et chercheront les gens qui pensent comme eux…
Hors donc, la bibliothèque retrouvée à Nag Hammadi contient nombre de textes apocryphes qui n’étaient connus que par leur noms..
(Attention, comme toute bibliothèque, celle-ci contenait forcément du bon et du moins bon.. esprit de discrimination requis comme toujours..)

Enfin bref, je commençai par les textes apocryphes, pour quand même arriver au moment de la lecture de l’Evangile (Combien nombreux sont ceux qui jugent/statuent sur le christianisme sans même avoir lu le nouveau testament..), puis plonger dans des œuvres magistrales de Saintes et Saints Chrétiens.

Catherine de Sienne et Marie d’Agreda m’auront particulièrement marqué! La première, sous extase, discutait directement avec “Dieu”, et la seconde, me semble-t-il, peut être perçue comme une des fondations du culte Mariale (Révélations de la vie des parents de Marie et de Marie elle-même).
Comment juger la qualité d’une révélation? Bien évidemment par la profondeur des messages mais également par sa forme, puis le contenu du message devrait toujours être mis en relation avec d’autres sources, passé sous la loupe de la discrimination et de l’épreuve, de la concordance, etc…. Enfin c’est aussi mon avis.
Si ces deux Saintes mon marqués, c’est donc logiquement que leurs œuvres me paraissent répondre magistralement à ces critères, et sont par exemple sans comparaison avec les délires actuels.. (channeling etc..)

C’est donc à cette époque que je m’enrichissais principalement dans la tradition chrétienne et où je fréquentais messes catholiques et assemblées/cultes évangélistes/protestants.
Naturellement, j’en garde des souvenirs positifs et négatifs, le meilleur (piété, charité, amour, foi, espérance..) côtoyant le pire (jugement, exaltation, dogmatisme, complaisance, voir manipulation).

Quoi qu’il en soit, n’en doutez pas, le Christianisme (ou plutôt, les Christianismes), avec ses 2000 ans d’histoire, d’évolution et d’œuvres (Ecrits, musiques, mais également œuvres caritatives dont l’église catholique est la plus grande pourvoyeuse dans le monde..), peut être une Grande, insondable et inépuisable Religion pour qui s’y investit avec sincérité et honnêteté..

Comme musique de fond.. je vous propose l’œuvre sacrée suivante.

 

Des constats que je peux faire des trois religions dit “du Livre”, c’est celui du jugement qui me navre le plus, et particulièrement pour le Christianisme puisque de ma lecture des évangiles (Les épitres étant, pour moi et sans vouloir minimiser leur importance et inspiration, déjà essentiellement de l’ordre de l’humain et de l’interprétation..), il me semble qu’une simplification à l’extrême du message du Christ puisse se résumer à :

  • Aime Dieu
  • Aime ton prochain comme toi-même (Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse…et inversement)
  • Ne juge pas, ne juge pas, ne juge pas, et l’ai-je déjà dit ? “Ne juge pas”

(Attention, ne pas juger ne veut absolument pas dire ne pas constater, ou ne pas prendre position. Et si je parle plus particulièrement du jugement dans le Christianisme, je ne sous-entend pas du tout qu’il y ai moins de jugement dans le judaïsme ou l’islam.. bien au contraire.)

Pour ce qui est de Son œuvre et de la profession de foi des chrétiens, celle-ci peut être présentée superbement par ces paroles de Sainte Cécile :

… Car toutes les choses qui ont été faites, c’est le Fils engendré du Père qui les a créées. Et toutes les choses qui ont été créées, c’est l’Esprit procédant du Père qui les a animées. C’est donc ce Fils de Dieu qui, en venant dans le monde, nous a montré par ses paroles et ses miracles qu’il existait une autre vie.» Tiburce dit alors << Donc, tu affirmes qu’il n’est qu’un seul Dieu. Et comment peux-tu maintenant dire qu’il y en a trois ? » Cécile répondit: << Comme en la seule et unique sagesse ou âme de l’homme, il existe trois choses: le génie, la mémoire et l’intellect, de même en une seule et unique essence de la divinité, trois personnes peuvent exister. » Puis elle se mit à lui prêcher la venue et la Passion du Fils de Dieu et à lui montrer les nombreuses harmoniques de cette Passion: << En effet, dit-elle, le Fils de Dieu fut pris, afin que le genre humain, pris par le péché, soit libéré. Le Beni fut maudit pour que l’homme maudit obtienne sa bénédiction. Il supporta qu’on se joue de lui pour que l’homme soit affranchi du jeu des démons. Il reçut la couronne d’épines sur la tête, afin d’éloigner de notre tête la sentence capitale. Il absorba le fiel amer pour restituer à l’homme la douceur du gout. Il fut dépouillé pour voiler la nudité de nos ancêtres. Il fut suspendu sur du bois afin de supprimer le péché du bois‘. » ..

Même si je conçois et comprends tout à fait les conditionnements qui mènent les religieux à juger les autres (autres religions, autre confession, autres qui pensent différemment), dans le christianisme je le trouve particulièrement navrant car “traitre” à ce qui me semble donc être une des paroles essentielles du principal concerné..

Je trouve une bonne chose qu’il y ai plusieurs confessions, plusieurs “colorisations” de la foi Chrétienne qui puissent répondre à des besoins et attentes différents.
Une confession riche de 2000 ans d’humanité (Catholicisme)?
Ou plutôt un “retour aux sources” épuré (Protestantisme)?
Ou plutôt un panel encore plus éclectique ? (Eglises évangéliste de toutes sortes..)
Très bien, mais plutôt que d’entendre certains juger les catholiques et leur “culte des Saints”, je souhaiteraient qu’ils s’occupent de la poutre plutôt que de la paille, ou qu’ils s’intéressent aux œuvres de ces mêmes saints..
Je voudrais qu’il soit inconcevable d’entendre dans un culte “ces catholiques qui iront en enfer” (y’a-t-il pire jugement?), ce qui peut être entendu provenant aussi bien de certains catholiques vis à vis des protestants..

Enfin bon.. que faudrait-il dire alors des masses de gens qui jugent carrément une religion elle-même, tout entière! Chose simplement inconcevable et dépourvu de tout sens pour moi.

Donc, c’est avec plaisir que j’ai lu (raison principale et initiatrice de la rédaction de cet article) :

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C’est un petit recueil de textes hagiographiques. C’est des textes courts et expéditifs, sans comparaison avec les œuvres de milliers de pages des Saintes dont j’ai parlé, mais que j’ai trouvé très plaisant à lire.

Il s’agit de textes parlant de Saintes.. Saintes par une foi qui n’existe plus aujourd’hui, dans un contexte qui n’existe plus également. Fin du 3e siècle, les chrétiens sont encore persécutés et très nombreux sont les martyres. Les Saintes de ce recueils sont des vierges qui placeront leur foi et leur don de soi au-dessus de tout..

Pourquoi des persécutions? C’est encore l’époque de la religion romaine, avec toutes ces divinités auxquels il faut sacrifier (Jupiter, Mars etc..). Et ces vierges, adeptes de cette nouvelle religion qui prône la croyance en un dieu unique et invisible, que des consuls, empereurs et autres voudront marier, refuseront de s’y soumettre. A elles les tortures et sévices physiques inimaginables aujourd’hui mais qui se pratiquaient couramment à cette époque..

Mais lisez plutôt.. (Les sévices physique de Sainte Cécile sont relativement modérés comparativement à ce que d’autres Saintes ont subi..)

L’auteur :

Jacques de Voragine est né vers 1226 en Ligurie. Il entre dans l’ordre des dominicais italiens des 1244, au couvent Santa Maria in Castello, à Gênes. C’est le début d’une brillante carrière: sous-prieur du couvent de Gênes en 1258, puis prieur des couvents d’Asti et de Gênes, prieur provincial de Lombardie (province dominicaine qui couvrait toute l’Italie du Nord) a deux reprises (1267-1277 et 1281-1286). Cette fonction lui permet d’avoir des contacts réguliers avec ses confrères de l’Europe entière lors des chapitres généraux de l’ordre: ces échanges ne seront pas sans effets sur la diffusion et la révision de La Légende dorée, le plus célèbre recueil hagiographique du Moyen Age, qu’il organise et rédige dans les années 1264-1267. Collection de vies de saints savamment compilées, manuel de culture générale religieuse utile aux prédicateurs, ce recueil peut également, en complément de son usage en vue du prêche, être l’objet d’une lecture privée. Jacques de Voragine devient archevêque de Gênes en 1292, charge qu’il assumera jusqu’à sa mort en 1298.

Extrait du texte sur Sainte Lucie :

..Mère, tu es guérie! Mais je t’en conjure, au nom de celle qui t’a soignée par ses prières, ne me parle plus de mon futur époux et distribue aux pauvres tout ce que tu me réservais pour ma dot. —— Ferme-moi les yeux, répondit sa mère, avant de disposer de tes richesses comme tu l’entends. >> Lucie rétorqua: << Ce qu’on donne en mourant, on le donne parce qu’on ne peut l’emporter avec soi. Donne-moi ta fortune de ton vivant et tu en seras récompensée.»

Quand elles furent rentrées chez elles, elles divisèrent jour après jour leurs biens et les donnèrent pour les besoins des pauvres. La nouvelle de cette dispersion parvint au fiancé de Lucie, qui s’en enquit auprès de la nourrice de la jeune fille. Elle eut la sagesse de lui répondre que sa fiancée avait trouvé un bien plus rémunérateur, qu’elle voulait acheter en son nom; C’est pourquoi on la voyait réaliser une partie de sa fortune. L’insensé crut qu’il s’agissait d’affaires terrestres et se porta garant des vendeurs. Mais quand tout fut vendu et reversé aux pauvres, le fiancé porta plainte contre Lucie devant l’officier consulaire Paschase, en l’accusant d’être chrétienne et d’agir à l’encontre des lois impériales.

A Paschase qui lui ordonnait de sacrifier aux idoles, elle répondit: << Le sacrifice qui plait à Dieu consiste à visiter les pauvres et à subvenir à leurs besoins ; et puisque je n’ai plus rien à donner, je me donne moi-même pour lui être offerte. » Paschase rétorqua: << Tu peux bien raconter de telles sornettes a un chrétien de tes semblables, mais moi, qui respecte les décrets des souverains, il est inutile de chercher à me convaincre. — Tu respectes les décrets de tes souverains, et moi je respecte la loi de mon Dieu, dit Lucie; tu crains les souverains, et moi je crains Dieu. Tu ne veux pas les offenser, et moi je prends soin de ne pas offenser Dieu. Tu désires leur plaire; moi je veux plaire au Christ. Fais donc ce que tu sais t’être utile, et moi je ferai ce que je penserai m’être utile. » Paschase lui dit: << Tu as dilapidé ton patrimoine en compagnie de séducteurs et tu parles donc comme une prostituée. —- J’ai placé mon patrimoine en lieu sûr, répondit Lucie, et n’ai jamais eu affaire aux séducteurs de l’esprit et du corps. » Paschase interrogea: << Et qui sont donc les séducteurs de l’esprit et du corps? » Lucie répondit << Ce sont des gens comme toi qui sont les corrupteurs de l’esprit, parce que vous persuadez les âmes de se détourner de leur créateur. Les séducteurs du corps, ce sont ceux qui font passer les plaisirs corporels avant les joies éternelles. » Paschase dit alors : << Ces discours cesseront quand on en viendra aux coups. » Lucie rétorqua: << Les discours de Dieu ne peuvent cesser. — Tu es donc Dieu ? » Demanda Paschase. Lucie répondit: << Je suis la servante de Dieu, qui a dit: Quand vous serez conduits devant les rois et les juges en mon nom, ne vous souciez pas de vos paroles, car ce ne sera pas vous qui parlerez, mais le Saint-Esprit? » Paschase demanda: << Tu as donc le Saint-Esprit en toi ? — Ceux qui vivent chastement sont le temple de Dieu », répondit Lucie. Alors Paschase : << Je vais donc te faire conduire au bordel, afin que tu y sois violée et que tu perdes le Saint-Esprit. » Lucie répondit: << Le corps n’est corrompu que si l’esprit y consent; si tu me fais violer contre ma volonté, la chasteté qui me vaudra la couronne sera doublée. Tu ne pourras jamais forcer ma volonté au consentement. Mon corps, lui, est prêt à tous les supplices. Qu’attends-tu ? Vas-y, fils de Satan, exerce ton désir de torture ! »

Alors Paschase fit venir les souteneurs et leur dit: << Invitez tout un chacun à prendre son plaisir sur elle et qu’on abuse d’elle jusqu’à la mort ! » Mais quand on voulut l’entrainer, le Saint-Esprit la fixa sur place si fermement qu’on ne pouvait la bouger. Paschase rassembla mille hommes et la fit enchainer aux pieds et aux mains, mais on ne put la déplacer. Il employa alors mille paires de bœufs ; mais la vierge du Seigneur demeura immobile. Des magiciens furent appelés, afin de la déplacer par leurs incantations; en vain. Alors Paschase dit: << Quels sont ces maléfices, qui font qu’une fille ne peut être entrainée par mille hommes ? » Lucie répondit << Il ne s’agit pas de maléfices, mais des bienfaits du Christ. Et même si tu ajoutes dix mille hommes, tu me verras demeurer immobile. » Paschase, croyant aux délires de certains, pour qui l’urine dissipe les maléfices, l’en fit asperger. Elle ne bougea toujours pas ; rempli d’angoisse, il ordonna qu’on allume un feu autour d’elle et qu’on verse sur elle de la poix, de la résine et de l’huile bouillante. Lucie lui dit: << J’ai obtenu par la prière la suspension de mon martyre, afin d’ôter aux croyants la peur du supplice et aux incroyants l’éructation de leurs insultes. » Les amis de Paschase, voyant son angoisse croitre, plongèrent une épée dans la gorge de Lucie, qui, loin de perdre la parole, dit: << Je vous annonce que la paix a été rendue à l’Eglise, car aujourd’hui Maximien est mort et Dioclétien a été chassé du trône. Et de même que ma soeur Agathe a été donnée à Catane comme protectrice, de même, j’ai été accordée comme médiatrice à Syracuse. »

Pendant que la Vierge prononçait ces mots, voici que des fonctionnaires de Rome arrivent, arrêtent Paschase et l’emmènent enchainé auprès de César. Arrivé à Rome, il comparut devant le Sénat. Quant à la vierge Lucie, elle ne bougea pas du lieu où elle avait été frappée et ne rendit pas son dernier souffle avant que les prêtres ne soient venus lui apporter le corps du Seigneur et que tous ceux qui étaient présents n’aient répondu amen au Seigneur. En ce lieu elle fut ensevelie et une église y fut élevée. Elle a souffert au temps des empereurs Constantin et Maxence, vers l’an du Seigneur 300.

Voilà un exemple pour ce qui est des Saintes Martyres. Suivront dans l’ère chrétienne (catholique) d’autres personnalités qui seront proclamés Saints de par leur vies, témoignages et œuvres. J’ai juste envie dire “N’hésitez pas à y puiser votre eau..”

PS: Un problème avec ce mot ou cette notion de Saint? Aucun problème, ne pas hésiter à le remplacer par “modèle”.

Dernières occupations..

C’est pas glorieux.. Aucune course depuis la dernière sortie à ski à Leysin du 01.04 où Lise c’est finalement élongé les ligaments du genou gauche..
Cette semaine la météo a été des plus démoralisante et je suis repassé chez mon osthéo qui a eut un grand travail, avec côtes déplacées, cervicales déplacées, bassin bloqué.. on dirait qu’à chaque fois je bloque de plus en plus. Faut dire, je me suis pris pas mal de gamelles lors d’une ou deux sorties, mais je soupçonnes que tous ces soucis ne proviennent pas (uniquement) de mes activités sportives..

J’ai également le moral pas très haut à cause du fait que lundi je me fait opérer des varices, pile au moment où les beaux jours semblent arriver et qu’il y a plein de belle neige en haute montagne..
Heureusement je pars pour deux courses ce WE..

Enfin bon, à quoi donc ai-je occupé utilement une partie de mon temps (le reste étant irrémédiablement perdu en lobotomie TV, car je dois l’avouer, j’ai pour l’essentiel regardé des films..) :

  • Documentation sur la photographie, théories (Photo longue pose, Photo ciel étoilé, Time Lapse, etc..) et matériel nécessaire (Trépied, Intervalomètre, Filtres ND, etc..)
  • Recherche d’un trépied répondant donc à mes attentes (stable mais portable). Ca semble de rien, mais c’est presque une quête…
  • Un minimum de lecture


Photographie

Après des jours de recherches, j’ai bien compris qu’un trépied à 50.- n’était pas une option, et que si on est d’accord d’investir des sommes substantielles en boitiers et optiques, il fallait impérativement faire de même pour le Trépied.

On arrive vite au Vanguard vs Manfrotto vs Cullman vs Gitzo (le top du top mais avec le prix qui va avec)

Ce n’est pas glorieux ici non plus, mais ne comptant pas payer 3 à 4 fois le prix, j’ai trouvé mon bonheur chez un chinois qui fait des copies de Gitzo de qualité : Benro.
Ils copient simplement Gitzo ..

Je souhaite un trépied type “Travel”, pour la rando, suffisamment léger donc mais suffisamment lourd en même temps (où ça un paradoxe?) pour la stabilité. Je le souhaite pliable en 4 sections max, toujours pour la stabilité (3 sections auraient été encore mieux, mais alors plié le trépied devient plus long et donc encombrant), avec une rotule Ball.
En fait, le nombre de paramètres à prendre en compte est assez conséquent..

Mon choix ? Le BENRO kit trépied aluminium Travel Angel Hybride A2682TB1

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Les caractéristiques sont les suivantes :

Le kit trépied BENRO Travel Angel Hybride A2682TB1 à quatre sections, est conçu en aluminium lui permettant d’être à la fois résistant et léger. Les bagues de serrages facilitent le déploiement et le positionnement rapide de ce pied photo.Il offre un appui stable pour les plus lourds téléobjectifs en faisant donc le support idéal de votre appareil photo. Il est modifiable à souhait en monopode ou canne de marche en un tour de main. Il est livré avec une rotule de génération II B à friction réglable. Elle est équipée d’un niveau à bulle et de trois molettes indépendantes à la fois précises et robustes. Une graduation de 0 à 360° permet d’ajuster l’alignement afin de réussir les prises de vues panoramiques.
Caractéristiques détaillées du kit trépied BENRO Travel Angel Hybride A2682TB1 Aluminium

Nombre de sections : 4 en aluminium
Diamètre maximal : 28.6 mm
Diamètre minimal : 18.4 mm
Hauteur maximale : 1645 mm
Hauteur maximale monopode : 1710 mm
Hauteur replié : 460 mm
Poids : 2.14 kg
Charge admise : 12 kg
Sac et courroie fournis

Pour les filtres ND, On trouve sur amazon un kit de trois NDs à priori de qualité pour un prix raisonnable :

Haida PRO II Digital MC (multicouches) – Ensemble de Filtres à densité neutre minces composés ND8, ND64, ND1000 de 67mm y compris un conteneur de filtres avec un dispositif de protection des filtres et des bouchons d’objectif Pro

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Malgré la Météo, j’ai pu sortir mon appareil et faire un deux essais

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Je profite d’une courte éclaircie, mais les nuages menacent..


Lecture

J’ai délaissé pour un temps les lectures sur la Franc-Maçonnerie, les Illuminati, le Satanisme etc.. J’ai lu et ai vu des choses bouleversantes sur ces sujets, toutes des plus concrètes..  Je compte toujours écrire dessus, mais je m’offre un break salutaire.

J’avais besoin de (re)lire des choses édifiantes et saines (c’est un choix, un parti pris..)

Donc après avoir mis de côté les livres sur la FM.. je me suis fait du bien en parcourant certains de mes livres essentiels. Puis à la librairie, je tombe sur exactement ce dont j’avais besoin. Des petits livres d’extraits d’œuvres majeures puisés dans un peu toutes les sagesses/traditions (philosophie, bouddhisme zen, Chrétienté, philosophie)

C’est une collection de petit livres au éditions folio 2€ sagesses
Voici ceux que j’ai déjà pris..

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Je ne les ai pas encore tous lus, mais j’ai déjà particulièrement aimé relire Sénèque et retrouver quelques discours sur le Tao.

Je suis plus dérouté par les extraits de Dôgen, mais rien d’étonnant à cela s’agissant de Zen, n’est-ce pas? J’ai également été quelque peu étonné par certains absolutisme et propos presque agressifs qu’on y trouve.. Je ne suis pas habitué à cela dans les textes sacrés asiatiques.. mais pour tout dire, c’est vrai que je connais très peu le Zen et les oeuvres Japonaises. Si je devais faire un choix, je choisirais le Petit Véhicule..


Extraits

« Pour qui ignore à quel port se rendre, aucun vent n’est propice. »
Sénèque, Lettre 71 à Lucilius

Décidément comme j’apprécie ce philosophe.. Même sur un thème qui pourrait sembler secondaire, les autorités (public), il arrive à apporter matière à réflexion..

..Les personnes, à qui la sécurité publique sert beaucoup leur dessein de bien vivre, honorent nécessairement comme un père l’auteur de ce bien, beaucoup plus que ne le font ces agités, placés au centre des affaires, qui doivent beaucoup aux princes, mais qui ont également des exigences auxquelles il est bien impossible qu’aucune libéralité n’arrive jamais à correspondre, car leurs désirs croissent à mesure qu’on les satisfait. Quiconque ne pense qu’à recevoir oublie ce qu’il a reçu, et le plus grand mal provenant de cette avidité, c’est l’ingratitude..

Plus loin :

.. Tel est le vice de toute ambition: elle ne regarde point derrière elle. Ce n’est pas seulement l’ambition qui est sans repos, mais le désir en général, car, dès qu’il est satisfait, il renait.

Sénèque, Lettre 73 à Lucilius

Bien évidemment, Sénèque aborde d’autres sujets plus fondamentaux, tel le bien et le mal, le bonheur et le malheur.
Sénèque était un philosophe stoïcien contemporain de Jésus.

Du côté de Tchouang-tseu (J’ai délibérément choisit des extraits qui ne traitent pas explicitement du Tao..)

.. Lorsque l’eau est tranquille, elle peut refléter la barbe et les sourcils et sa surface est si unie qu’elle peut servir de niveau au maitre charpentier. Si la tranquillité de l’eau permet de refléter les choses, que ne peut celle de l’esprit ?..

..Son esprit s’absorbant dans l’un, il soumet tous les êtres. C’est à dire qu’ayant trouvé le vide et la quiétude, il les étend à l’univers et les communique à tous les êtres, c’est cela qu’on appelle la joie du ciel. La joie du ciel est entretenue dans l’univers par l’âme du saint..

.. car les paroles vulgaires l’emportent. On ne peut arriver au but en laissant pendre ses talons dans le vide. Au milieu d’un monde qui s’égare, comment moi, qui cherche le vrai chemin, puis-je le trouver? Je sais que c’est impossible. Je sais aussi que si je veux le contraindre, ce monde, je commettrai une erreur de plus. Mieux vaut le laisser tel qu’il est, sans chercher à le stimuler et vivre ainsi avec lui sans souci.
A minuit, une femme laide mit au monde un enfant. Elle s’empressa d’éclairer sa chambre pour regarder avec anxiété si son enfant lui ressemblait…

.. La vertu du souverain ou du roi vise à se conformer au ciel et à la terre, au Tao et à la vertu. Cette vertu a pour règle le non-agir. Celui qui n’agit pas met le monde à son service et pourrait faire d’avantage ; celui qui agit se met au service du monde et n’y suffit pas. C’est pourquoi le non agir était en honneur dans l’antiquité ..

.. On scie le tronc d’un arbre séculaire pour en faire des vases sacrificiels que l‘on peint en vert et en jaune. Ce qui reste de cet arbre est laissé dans le fossé. Si l’on compare les vases sacrificiels au reste de l’arbre, les uns sont beaux et l’autre est laid;  mais les vases sacrificiels et le reste de l’arbre ont également perdu leur nature Première. De même Tche d’une part, Tseng et Che d’autre part ont l’un comme les autres perdu leur nature originelle, bien qu’au point de vue de la moralité, la conduite du premier contraste avec celle des seconds.

La perte de la nature peut s’opérer de cinq manières, En premier lieu, les cinq couleurs fatiguent les yeux et troublent la vision ; en deuxième lieu, les cinq sons fatiguent les oreilles et troublent l’ouïe; en troisième lieu, les cinq odeurs enfument le nez, l’obstruent et montent au cerveau ; en quatrième lieu, les cinq saveurs gâtent la bouche et la rendent malade, inapte à savourer; en cinquième lieu, les attirances et les dégouts troublent l’esprit et rendent excitable. Telles sont les cinq catégories de maux qui affligent l’homme.
Cependant, les philosophes Yang et Mo s’efforcent de se présenter comme ayant chacun raison. Moi, je ne suis pas de leur avis. Si le bonheur implique encore la dépendance, on peut dire que la tourterelle en cage est heureuse. De même si celui dont les attirances et les dégouts à l’égard des Sons et des couleurs obstruent sa vie intérieure, qui porte le bonnet de fourrure ou le chapeau orné de plumes de martin-pêcheur, la tablette et la longue ceinture comme insignes de sa fonction, si celui dont l’âme est obstruée et le corps ligoté peut être considéré comme heureux, on peut en dire autant pour les criminels dont les bras et les doigts sont entrecroisés et pour le tigre et la panthère que l’on a enfermés dans un sac avant de les mettre en cage.

Dans ce dernier passage, on remarquera qu’il n’y a que 5 sens énumérés. Comparativement au bouddhisme où l’on en reconnait 6 :

  1. La Vue
  2. L’Ouïe
  3. L’Odorat
  4. Le Gout
  5. Le Toucher
  6. Le Mental

Mais peut être que le 5e sens du texte regroupe les sens 5 et 6..

en cinquième lieu, les attirances et les dégouts troublent l’esprit et rendent excitable.

Croyances, lectures et.. David Icke

Quelle aventure que celle qui a accompagné la rédaction puis la publication de cet article ! Sans cesse modifié et repoussé, jusqu’à ce qu’enfin tout s’éclaire.

Alors oui, bien sûr, j’aurais dû commencer par me renseigner sur l’auteur (ce que je fais toujours d’habitude), et je serais rapidement tombé sur la vidéo (référencée plus bas) que toutes personnes intéressées se devraient d’avoir vue.

Mais je n’aurais dès lors jamais commandé le livre.

Les croyances

Quoi de plus sensible que le sujet des croyances? Ce n’est pas pour rien qu’il y a souvent tabou sur les sujets Religion & Politique.. c’est même effectivement souvent plus sain de les éviter.. Nous sommes si attachés à nos croyances, et plus elles sont enracinées plus les chocs sont probables..
Croyances religieuses, spirituelles, limitantes (ou au contraire, présomptueuse), fantasmagoriques…

Je vais reprendre une phrase que je viens de lire, dans un article concernant tout à fait autre chose :

“Il est extrêmement difficile d’extraire une personne de ses croyances. Quand vous heurtez les convictions sur lesquelles elle s’est construite, cela est vécu comme un agression. Les réactions vont du mépris à la colère, et cela se traduit le plus souvent par un rejet et une étanchéité au dialogue”

Très étrange donc que ce premier article. J’aurais préféré pouvoir parler d’un ou de plusieurs livres fort intéressants sur un sujet ou un autre qui m’intéressent.
Actuellement ce sont les sociétés secrètes, sujet très d’actualité.
Il y a un petit mystère, comment et pourquoi ma première lecture sabbatique a dû être celle-ci ?
Et ce premier article se voit concerner bien plus les croyances que le sujet abordé en premier lieu!
Les croyances, délicat donc pour moi comme pour vous ! Au risque que ça déplaise..
Concernant les sociétés secrètes, c’était l’affaire Alègre (Secte touchant la haute société française, magistrat, politicien, et bien plus, avec enfants témoins) qui avait éveillé mon intérêt l’année passée.

Dans ma quête et mes lectures constantes, mon idée a toujours été de tâcher de trouver le véridique, l’essentiel, l’information, le message, en discernant celui-ci de ce qui est contextuel, culturel, temporel ou dogmatique.
Et ce n’est pas la moins ardue ni sans risques des opérations. A force de tout lire et ce de toutes sources, les dangers de confusions se multiplient, et il faut sans cesse exercer le discernement et la discrimination. Hors ces capacités sont évidemment elles-mêmes conditionnées.
Dans le cas qui nous intéresse, je crois que j’ai atteint une limite, que c’était comme chercher un verre d’eau propre en plongeant dans les égouts.

Depuis des années, je suis régulièrement amené à dire :

“Nos croyances nous déterminent dans une large mesure, elles déterminent nos perceptions et donc nos expériences.”

Il n’y a qu’à prendre un sujet, Jésus.
Suivant les sources, toutes révélatrices et détentrices de la “vérité”, chacune avec foison d’arguments intéressants à défaut d’êtres irréfutables, preuves donc à l’appuis, la vérité est que :
– Jésus est fils de Dieu, et/puis Dieu Lui-même1
– Jésus n’est pas mort ni ressuscité, et c’est quelqu’un d’autre qui a pris sa place2
– Jésus a eu une progéniture/lignée avec Marie3
– Jésus existe, actif parmi les maitres ascensionnés et/ou frères de lumière4
– Jésus est une invention, recréation d’Horus, Mithra et un tas d’autres divinité5
– Jésus est perçu, on va dire “encore différemment” par les juifs (talmud)

1 – Christianisme, ce même si Jésus lui même s’est toujours présenté comme Fils de l’Homme (tout comme Paul parlant de lui) et si les Chrétiens des 3 premiers siècles ne proclamaient nullement que Jésus soit Dieu, ce dogme, cet croyance s’étant construite au fil des siècles.
2 – Islam : Un “faux-semblant” dans le Coran, qui évoluera en sosie, Juda ou Simon suivant les textes exploités pour accréditer la thèse, textes tardifs et hautement spéculatifs quant à leurs auteurs (probablement musulmans)
3 – Enigme sacrée, source du Da Vinci Code
4 – New Age & Co : irréfutable puisqu’il est canalisé tous les jours par des centaines de canals (channelers).. le fait que les messages soient contradictoires, trompeurs, pleins de prophéties jamais réalisées, ou carrément grotesques ne doit surtout pas être pris en compte. Il faut vite oublier et croire le dernier message en date ou à venir !

Bref, aujourd’hui, à l’ère de l’information, c’est “vérité à la carte – faites votre choix !”
Et ce d’autant plus à l’heure du fast-food généralisé (malheureusement pas qu’en terme de nourriture..)..
Je pense que personne ne me contredira si je dis que la perception et l’expérience, relatif au sujet et à son enseignement (ici Jésus, mais c’est valable pour tout), variera grandement suivant ses croyances.

Alors qu’elle est la “vérité” sur Jésus, celle qu’aura choisi Icke pour étayer ses propos ? Bien évidemment celle où Jésus est une invention qui correspond à Horus, Mithra et un tas d’autres divinité qui seraient tous nés d’une vierge, un 25 décembre, adoré par 3 rois, avec 12 disciples etc. Bingo ! Sauf que ceci semble avoir été déclaré par 1 voire 2 sources obscures, sans le moindre signe de preuves historiques et matériel! 200 ans d’archéologie mais tout le monde est passé à côté de ces informations!
Ces informations viennent de nulle part, mais voilà que celles-ci seront reprises par certains mouvements new-age, puis viendra un film à grand succès, Zeitgeist, puis de plus en plus de livres, et donc, presque naturellement, Monsieur Icke. Voilà comment une information sans aucuns fondements devient une vérité.
(Au fait, Jésus n’est certainement pas né un 25 décembre)

“Un mensonge simple, répété assez souvent avec suffisamment de conviction, l’emporte souvent sur une vérité compliquée. “

ou le classique

« Plus c’est gros, plus ça passe »

Le livre en question :

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La vérité vue et proclamée par David Icke ? Jésus n’a donc jamais existé puisqu’il n’est que la même invention recréée (Mithra, Horus, etc..). Toutes les religions sont des outils de contrôle de masse aux mains d’une race extraterrestre et inter-dimensionnelle, les reptiliens. Tous les personnages ayant marqué l’humanité, les saints, ou sujets de cultes, de Bouddha à Jésus en passant par Mahomet, Thor, Zeus et une liste langue d’une demi page de personnages fictifs ou réels -> Tous des créations virtuelles cachant la religion Babylonienne (Sumer).
Ils sont incroyables, ils se font la guerre, ils avancent, puis reculent, puis changent, puis migrent, un vrai bordel cette humanité! Mais croyez-en Icke, ils suivent leur plan bien établi!

C’est sidérant, à tel point que même le traducteur a du se désolidariser et mettre un commentaire quant à la fausseté de multiples déclarations, surtout historiques (le reste n’étant qu’affabulations et proclamations qui n’engagent que l’auteur).

Un exemple? Sans surprise il reprend la propagande très “new age” sur les religions et l’inquisition, qui aurait fait des millions de morts!
D’une part c’est techniquement quasi impossible (99,9% des européens étaient.. catholiques, et approuvaient donc l’inquisition), et les preuves historiques présentent certe quelques abus, mais accumulent tout au plus quelques dizaines de milliers de morts aux buchers au max, et ce sur plusieurs siècles, ne l’oublions pas. Si je ne me trompe, le plus gros scandale reporté est un bucher de 50-100 âmes ! La révolution française a fait plus de morts en quelques années ! Et je ne parle pas de ce qui se passe dans nos sociétés actuelles..

De plus c’est faire preuve du pire des anachronismes, mais faut-il encore savoir ce que ce mot veut dire.
Je suis à chaque fois sidéré quand je lis quelqu’un juger une religion, quelle qu’elle soit. Ca me dépasse purement et simplement. Comment peut-on juger quelque chose d’aussi vaste, multidimensionnel, que ce qu’est une religion (sur des siècles voir des millénaires, des centaines de générations d’êtres humains, avec leurs qualités et défauts, leurs bonnes et moins bonnes œuvres, leur foi, etc..)?
Et ceci la plus part du temps sans avoir jamais lu leurs textes sacrés, encore moins la littérature et les œuvres qui les auront accompagnés.

Non, on juge, fort d’une lecture d’un petit livre, d’un blog ou d’une déclaration bien mise en page sur un flyer publié sur facebook..
Bien sûr, cela s’explique. Tel personne aura mal vécu son catéchisme, voir, aura été mal traité et aura subit un traumatisme, ce qui l’amènera à construire une haine et un dénigrement généralisé, bien compréhensible, envers telle ou telle religion. Tel autre cherchera simplement un bouc émissaire. Enfin tels autres ne feront simplement que répéter ce qu’ils auront entendu et lu, ceux-là sont les plus navrants à mes yeux, désolé.

Pour revenir à l’inquisition, celle-ci représentait plus certainement une avancée en terme de justice (création de ce qu’on peut nommer un tribunal, avec juge, avocat, témoins, possibilité de se tracter etc.) comparé à la justice moyenâgeuse  / féodale.
D’où vient donc ce “millions de morts” repris par tant de gens ?

Des lumières (que j’aime beaucoup et que toute personne par trop “dogmatique” se devrait de lire, en commençant par le dictionnaire philosophique de Voltaire. Autre exemple qu’il faut sans cesse exercer le discernement) !

Comme lors de tout effet de balancier, quand il y a déséquilibre d’un côté (pouvoir du clergé), le balancier va également aller trop fort dans l’autre sens avant de retrouver un équilibre (idéalement). Les preuves sont historiques et existent, par exemple au début, des affiches dans les rues de Paris proclamaient des milliers de morts, puis des dizaines de milliers, crescendo jusqu’à parler de millions ! L’idée était de renverser le pouvoir clérical après tout, quel tort y a-t-il a exagérer un peu et mettre de l’huile sur le feu ?!
Les méthodes n’ont pas tant que ça changé aujourd’hui, non ?
Enfin bref. C’est juste un exemple de “vérité” proclamée sans fondements, sans cesse exagérée et reprise dans un but ciblé, qu’un tel exploitera si ça va dans le sens de ses intentions. Et ceci fonctionnera d’autant plus qu’aujourd’hui presque plus personne ne vérifie plus rien, et que la crédulité va augmentant.

David Icke

J’en arrive donc à Monsieur Icke

Je ne peux que le classer dans la catégorie des exaltés, fanatique, et donc victime de ses croyances.
On trouve des exaltés partout, en religion (mais tout autant chez les athées), en spiritualité, New Age, en politique, finance, etc..
Et ceci évidemment à divers degrés.
L’exalté ne perçoit le monde qu’à travers l’ornière ou le prisme de ses croyances.
Il interprète, perçois et réduit tout à celles-ci.

Dans le cas de M. Icke, je crois qu’il me faudrait trouver un mot plus fort qu’exalté. Il y a des pages ou chaque groupe de cinq mots présente une nouvelle vérité! Et je n’exagère pas!
Aucunes références, aucunes justifications, aucunes contre-vérifications, non, il est juste exigé au lecteur de tout croire sur parole. Un vrai labourage mental et une agression contre la raison.
Et ce n’est pas juste les religions qui sont abordées, mais toute l’histoire de toute l’humanité ! Prenez n’importe quel sujet, domaine d’étude, science, vraiment tout..
Tout est faux, reptilien, et il est temps que vous vous réveillez!

La méthode est bien connue, il sera demandé au lecteur de mettre à zéro toutes ses croyances, la fameuse citation de Descartes en référence pour donner du poids!. Combien de fois celle-ci n’aura-t-elle été détournée par les gurus et sectes de tous poils!? Combien de fois ne l’ai-je lu dans certains des livres que je possède?
Je pense d’ailleurs que ce niveau d’exaltations et d’endoctrinement ne se retrouve surtout que dans la littérature de certaines sectes.

René Descartes :
« Pour atteindre la vérité, il faut une fois dans sa vie se défaire de toutes les opinions qu’on a reçues, et reconstruire de nouveau tout le système de ses connaissances. »

Notez qu’il dit Reconstruire, aucunement gober ou se faire livrer un truc tout fait et prémâché. Si je détruis un château en lego, le reconstruire n’induit pas de le faire totalement différent, il y a même des chances pour que je retrouve des murs entiers refaits à l’identiques !)
Je doute qu’il ait jamais dit cela dans le sens “oubliez tout et soyez endoctrinés avec le lavage de cerveau le plus radical possible, et vous aurez trouvé la vérité”

Quand il y aura références à d’autres auteurs ceux-ci seront en tout et pour tout toujours les 2-3 mêmes (d’une manière générale, les références sont inexistantes), ceux qui vont dans le sens de la doctrine en question (ici, du délire en question). Ah oui, une de ses références principales récurrentes est – Matrix (qu’ils sont bêtes ces reptiliens quand même. De tout dévoiler ainsi..)

Mais donc ce livre ne traite pas que des religions et du comment l’humanité est contrôlée, il aborde les sociétés secrètes qui, je le rappel, est le sujet qui m’avait amené à acheter ce livre avec d’autres (heureusement plus sérieux) en premier lieu ! Sujet des plus réels, concrets et intéressants, j’en ferais un article.

L’ironie, c’est donc que si je devais le faire, je déclarerais David Icke le plus grand agent illuminati du monde, car il retire toute crédibilité à tous les sujets qu’il touche! Combien se détourneront de sujets autrement dignes d’intérêt, “grâce” à lui ?
Ufologie (sommes-nous seuls dans l’univers?), société secrètes (franc-maçon, skull and bones, auxquels appartiennent grosso-modo tous les hommes de pouvoirs et d’influences etc..), manipulation et conspiration (11 Septembre), satanisme/luciférisme, science quantique, spiritualité..
Il y a quelque brides de vrai dans ce qu’il dit, après tout en 20 ans il a forcément touché à certains sujets intéressants et véridiques, mais son fanatisme reptiliens détruit tout, biaise tout.

Je lui souhaiterais qu’une chose, plutôt que d’inviter ses lecteurs à un nouvel autodafé, qu’il lise les œuvres produites par toutes ces religions et sagesses qu’il dénigre.

Et personnellement ?

Plutôt que d’être “ouvert” à un reboot général de mes croyances & connaissances, je préfère l’approche bouddhiste du “Tout est conditionné”. Ici à nouveau, le bouddhisme tend à induire de l’humilité et du recul, entre autres pour ne jamais croire ses croyances comme étant vérités absolues et infaillibles, dogmatiques.

Savoir ses croyances conditionnées et être ouverts à les voir chamboulées, tout en étant également prêt et équipé pour les défendre, oui. Faire table rase de tout savoir, sagesse, connaissance, et remplacer le tout par une doctrine inculquée en cinq minutes, non merci, pas chez moi !

Finalité

Voilà, c’est en arrivant en fin d’article (je reportais sans cesse sa rédaction, puis sa publication) que je suis enfin tombé sur la clé du mystère.
Je comprends désormais pourquoi ce malaise et ces réactions constantes lors de sa lecture, qui fut une gageüre sans discontinuer. D’ailleurs, par franchise, j’avoue ne pas l’avoir lu intégralement, me permettant de sauter les sujets/passages que j’ai autrement bien étudiés par le passé.

Voici le film en question, à prendre lui-même bien sûr avec quelques pincettes et retenues.

http://davidickedebunked.com/

Bien sûr, en cherchant bien, vous pourrez trouver un “debunking the debunkers”, produit par quelque adepte de David Icke, le tout relatif à l’attachement des uns et/ou des autres à leur croyances.

Pour ma part, et cela n’engage donc que moi, Monsieur Icke peut être décrit comme :

– complètement illuminé, ayant passé par la théosophie et grosso modo toutes les variantes du pire du pire des pseudos spiritualités « new age » (Terme qui englobe tout et n’importe quoi, du bon comme du pire)
– complètement new-age/ascensionniste donc, il parle à Jésus (le vrai hein, un exemple parmi des centaines que la contradiction ne l’effraie nullement), aux maitres ascensionnés, au Logos Solaire, à Gaia, au Logos Galactic, etc.. il a vu un oeil lui parler..bref, 20 ans d’expériences “spirituelles” diverses et variés.
– fruit de 20 ans d’exaltation donc, dans tous les sens, perméable à toutes les doctrines imaginables et rencontrées
– quelqu’un n’ayant plus aucune capacité de discernement ni de discrimination

En short, c’est juste une victime, au sens où Allan Kardec le définit.

Comment se fait-il que je ne me sois pas renseigné avant de commander ce livre?
Pourquoi donc ai-je du lire celui-ci?
La réponse m’est venue lors d’une méditation.

Ma bibliothèque possède nombre des livres, et donc des doctrines, qui ont construit les croyances de Monsieur Icke !

C’est pourquoi je ne recommande jamais de faire comme moi, de multiplier à l’infini les lectures et de puiser dans toutes les sources. Avec comme quête de trouver “la vérité” en tâchant d’extraire le bon de l’ivraie.

Un prêtre, sujet à certains doutes et questions existentielles, demande au Daila Lama :
” Devrais-je chercher ailleurs ?”
Le Daila Lama:
” Quelqu’un qui a soif ne creuse pas frénétiquement plein de petit trous”

Sous entendu, il creuse un puits, ou bien il puise dans un puits existant (ce que je traduit souvent par “sa religion actuelle”).

Je suis conscient des phases de confusion ainsi que d’exaltation (oui, moi aussi) que j’ai traversées! Complètement perdu ou au contraire croyant détenir la vérité ! Absurdité.
Et je remercie qui de droit d’avoir toujours été soutenu. Une des demandes que j’ai le plus souvent exprimée durant ces dernières 7 années a été celle du discernement..

La voie/quête qu’est la mienne n’est ni la seule, ni la meilleure, ni la plus simple. Au contraire elle est parsemée d’écueils (confusion, croire être arrivé, croire détenir la vérité, s’exalter dans une croyance ou une autre, ou au contraire tout rejeter en bloc dans une désillusion et un dénigrement total, bref s’arrêter en chemin.)

Et je me rappellerai toujours, alors que j’étais dans une de ces phases de confusion et de désarroi terrible, que c’est la lecture de la Bhagavad Gita qui m’apporta une aide inestimable !

Dans celle-ci, les voies qui mènent à la réalité suprême sont celles de l’action désintéressée (Karma Yoga), de l’amour et de la dévotion au divin (Bhakti Yoga)  et de la connaissance (Jnana Yoga).
Et ce qui y est dit sur le yoga de la connaissance, complété des commentaires de Shrî Aurobindo, me redonna des moyens de continuer!

Voilà, ce blog se veut être un récit de ma presque année sabbatique, et je l’ai souhaité le plus transparent possible, quel qu’en soit les conséquences (perceptions).
Je ne cacherait pas que j’ai hésité à garder cet épisode pour moi, tellement ce Monsieur Icke est délirant, et les sujets abordés pourtant certes intéressants mais loin des préoccupations de la majorité des gens. Pas sûr en effet que de parler d’ufologie, de finance ou de conspiration me soit favorable auprès d’un employeur ^^.

J’aurais vraiment préféré parler d’un des livres qui m’ont construit spirituellement, que ce soit dans le Christianisme, le Taoïsme, l’Hindouisme, le bouddhisme, la philosophie, l’Histoire, ou autres.. Mais cela fait partie de mon passé et je ne compte pas revenir dessus, je ne me prétend également nullement dispensateur de savoir ou de sagesse.

Chacun son chemin, et comme je l’ai dit désormais très souvent, chacun ses vérités ^^.

PS: Si je vous ai heurté dans vos croyances ou votre appréciation de Monsieur Icke. J’en suis navré, l’objectif était nullement celui-ci, mais de présenter mes réflexions et conclusions, ce que je suis légitimé de faire sur “mon” blog.

Meilleurs pensées.